Nominations, capital renforcé… Les habits neufs de la Bicici

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Nominations, capital renforcé… Les habits neufs de la Bicici
Nominations, capital renforcé… Les habits neufs de la Bicici

audelaire Mieu

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Plusieurs chantiers seront lancés par les nouveaux actionnaires ivoiriens de l’ancienne filiale ouest-africaine du français BNP Paribas. À commencer par un renforcement de l’équipe dirigeante.

Après le rachat en septembre 2022 de la Banque internationale pour le commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire (Bicici) au français BNP Paribas, ses nouveaux propriétaires – un consortium d’entités publiques – esquissent la feuille de route de la banque.

L‘acquisition par l’État ivoirien de « sa première banque » a été rendue possible via le concours des actionnaires que sont la Banque nationale d’investissement (BNI), la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), le fonds de pension de retraite du secteur privé, la Caisse générale de retraite des agents de l’État (CGRAE) qui gère le secteur public, et la Caisse de dépôts et de Consignation (CDC-CI).

Nouvel organigramme

Alors que la mise en place du calendrier de la nouvelle stratégie de la Bicici reste conditionnée par les délais réglementaires du régulateur ouest-africain, le conseil d’administration vient de désigner Ahmed Cissé, le président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), au poste de président du conseil d’administration de la banque.

De son côté, Kouassi Yao, le directeur général en poste sous la gouvernance de la BNP Paribas a été maintenu pour sa connaissance aiguë de la banque. Un nouvel organigramme est en attente de validation.

Cependant, certains postes stratégiques et opérationnels laissés vacants par les anciens hauts cadres de la BNP ne sont pas encore pourvus. La banque n’a toujours pas de DG adjoint pour succéder au Français Denis Rubrice, ni de secrétaire général en lieu et place du Franco-Tunisien Ali Ben-Taher. Le poste de directeur des risques est lui aussi vacant. Un processus d’appel à candidatures a été lancé.

Devenir leader

Selon un administrateur de la Bicici, « l’ambition est très forte de transformer la banque en multipliant les financements et en activant de nombreux leviers dormants ». L’objectif des nouveaux propriétaires est d’en faire l’une des plus puissantes du paysage très concurrentiel ivoirien marqué par la présence de plus de 25 établissements bancaires.

Le secteur est dominé par la banque française Société générale Côte d’Ivoire (SGCI) qui a franchi les 3 000 milliards de F CFA de total au bilan en 2022, et représente près de 16 % de parts de marché – contre seulement 5 % pour la Bicici.

La crédibilité des nouveaux actionnaires a toutefois joué positivement sur les résultats 2022 de l’ancienne filiale de BNP, avec un bénéfice net de 12 milliards de F CFA, un niveau historique depuis la création de la banque. Cela dit, la performance ne permet pas à la Bicici d’intégrer le Top 10 ivoirien, en termes de résultat net, si l’on compare aux quelque 74 milliards de F CFA réalisés l’année dernière par SGCI, ou aux plus de 40 milliards du numéro deux, la Société ivoirienne de banque, filiale du marocain Attijariwafa.

Selon nos informations, la Bicici nouvelle formule, a pour objectif de franchir le cap de 1 000 milliards de F CFA de bilan, voire le doubler en moins de cinq ans.

Financement des PME

En attendant, plusieurs scenarii sont à l’étude du côté des actionnaires publics de la banque dont l’option d’une augmentation de capital de 16,6 milliards de F CFA, largement au-dessus de la norme réglementaire. Un renforcement des fonds propres estimé à 65 milliards FCFA pour l’exercice 2021 est également envisagé.

Toutes ces initiatives auront pour but de donner plus de flexibilité et de fournir des liquidités pour les opérations de financements de l’économie, explique un cadre de l’administration de la banque. Quand, sous le contrôle de BNP Paribas, de nombreux fonds restaient dormants et que la Bicici était axée sur les activités corporate au détriment du financement accru des PME et des particuliers, l’orientation donnée par la nouvelle direction publique semble être toute autre. Premier signal : les deux institutions de pension de retraite du privé et du public CNPS et CGRAE convoitées par tout le secteur bancaire pourront désormais y domicilier certains de leurs fonds pour des dépôts à terme (DAT).

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