Africa-Press – Côte d’Ivoire. Depuis quelques mois, le cacao est l’une des principales matières premières dont le cours sur le marché est au plus haut. L’ingrédient clé pour la fabrication du chocolat provoque de plus en plus de tensions parmi les acteurs de la filière.
En Côte d’Ivoire, la tension monte à nouveau entre le régulateur de la filière et les multinationales dans le cacao. Selon Yves Brahima Koné (photo), directeur général du Conseil du Café-Cacao (CCC), la vente par anticipation de contrats d’exportation de cacao pour la prochaine campagne 2024/2025 connaît actuellement un ralentissement en raison d’un désaccord avec les sociétés transnationales.
D’après le responsable, ces compagnies demandent actuellement un différentiel d’origine négatif pour compenser la forte augmentation des prix de la matière première sur les principales places boursières depuis quelques mois sur fond de prévisions d’un 3ème déficit consécutif sur le marché.
Le 17 octobre dernier, le contrat de cacao pour livraison en mars prochain a notamment atteint 3 155 livres pour la tonne, soit le montant le plus élevé depuis que les contrats à terme sur le cacao ont débuté sur l’Intercontinental Exchange à Londres en 1920.
Cette démarche des multinationales qui vise globalement à réduire le coût d’achat de la fève qui comprend en plus du prix du marché, le différentiel de revenu décent de 400 $ par tonne intervient alors que les autorités ont déjà porté le différentiel d’origine à zéro depuis plusieurs mois.
« Personne ne peut payer les contrats de 2024/2025 sans une réduction du différentiel sur l’origine. Les prix sont trop élevés et cela crée trop de risques pour nous si le marché se retourne et si les prix chutent », a confié à Reuters, le directeur d’une multinationale qui a requis l’anonymat.
« Nous avons déjà fait beaucoup d’efforts et de sacrifices »
Face aux requêtes des industriels, le dirigeant indique que le régulateur ne compte pas céder.
« Nous voulons dire à l’industrie du cacao et du chocolat que nous n’abaisserons pas le différentiel. Nous avons déjà fait beaucoup d’efforts et de sacrifices pour eux », réaffirme le responsable.
Il faut souligner que cette position de M. Koné est conforme aux résolutions adoptées conjointement en juillet 2022 avec le Conseil ghanéen du cacao (Cocobod) à la suite du précédent épisode qui avait vu les régulateurs céder à la pression des multinationales et des chocolatiers.
En acceptant de vendre les contrats avec un différentiel d’origine négatif (moins 125 livres par tonne pour la Côte d’Ivoire par exemple), les organismes publics ont annulé de fait une part du DRD suscitant la colère dans le rang de plusieurs ONG de lutte contre la pauvreté des producteurs. Depuis lors, la Côte d’Ivoire avait réussi en septembre 2022 à vendre des contrats de cacao pour la saison 2023/24 avec une prime non négative à des négociants comme Cargill.
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