Florence Richard
Africa-Press – Côte d’Ivoire. En Côte d’Ivoire, l’élection pour la présidence de la Ligue des femmes du PPA-CI a déclenché une véritable crise au sein d’un parti qui peine à se remettre des mauvais résultats engrangés aux dernières élections locales.
Il est des incidents qui peuvent paraître mineurs, mais qui en disent long sur l’état d’un parti politique. C’est le cas de la fronde qui agite, depuis plusieurs semaines, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), fondé par l’ancien président Laurent Gbagbo. Le conseil de discipline de la formation d’opposition, qui tente encore de se remettre des mauvais résultats obtenus aux élections locales de septembre dernier, vient en effet de suspendre 15 membres de son comité de contrôle pour « défiance et insubordination ». Dans la foulée, ces derniers ont reçu le soutien de 14 autres membres de cet organe, qui en compte 61 et qui est dirigé par Marthe Agoh, ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale.
Pour comprendre les raisons de cette crise que traverse le parti créé en 2021, il faut remonter au mois de décembre dernier et à l’élection pour la présidence de la Ligue des femmes du PPA-CI. Le scrutin a été remporté par Hortense Seri Louma, maire de Grand-Zattry, mais contesté par une autre candidate, Florentine Dié Fahé.
« Contentieux »
« Nous avons été témoins de résultats dits définitifs proclamés sans qu’une période de contentieux ne soit ouverte pour entendre nos réclamations », s’agacent alors les soutiens de Florentine Dié Fahé, qui dénoncent des fraudes. Au sein du comité de contrôle, chargé notamment de l’examen des contentieux électoraux, la grogne commence à monter. Marthe Agoh est accusée d’être passée outre les textes du parti pour imposer Hortense Seri Louma sans consulter l’ensemble du comité.
Réunis au domicile de Marthe Agoh, samedi 23 décembre, certains de ses membres exigent la tenue d’une session extraordinaire pour débattre de la réclamation de Florentine Dié Fahé. Refus de la présidente, qui aurait alors été prise à partie et enfermée dans une pièce de sa propre maison.
« Sans prendre en considération le refus de la présidente, les mis en cause ont tenu une session extraordinaire et adopté deux décisions: la nullité des résultats définitifs de l’élection de la présidente de la Ligue des femmes proclamés par le comité de contrôle et la suspension de la camarade Marthe Agoh de ses fonctions de présidente », s’insurge le comité de discipline du PPA-CI, saisi après l’incident.
« Actes inadmissibles »
Pour Laurent Gbagbo, les méthodes utilisées par les frondeurs sont comparables à des « actes de banditisme » qu’il juge « inadmissibles » lors de ses vœux aux instances du parti. « Il faut poser des actes de maturité et non de délinquance », insiste l’ancien président qui se trouve actuellement en Belgique, où réside son plus jeune fils, David Al Raïs Gbagbo.
« Sur le fond, nous n’avons pas à intervenir, mais sur la forme, Marthe Agoh a droit au respect. Ils se sont comportés comme des bandits. Mais des négociations sont en cours, une réunion doit avoir lieu, ça va se régler », assure Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du parti qui décrit un « malaise » au sein du comité de contrôle qui serait antérieur à l’élection pour la présidence de la Ligue des femmes et invite tous les protagonistes au dialogue.
Cette crise intervient alors que le PPA-CI poursuit actuellement son implantation dans le pays et a fait de la réintégration de l’ancien chef de l’État dans les listes électorales sa priorité en vue de l’élection de 2025.
Source: JeuneAfrique
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