Africa-Press – Côte d’Ivoire. Le Burkina Faso est passé devant l’île Maurice comme premier investisseur direct étranger en Côte d’Ivoire en 2023.
L’environnement ivoirien des affaires est mouvant mais reste dynamique. C’est l’un des enseignements du bilan 2023 sur l’état des investissements étrangers dans le pays, présenté le 22 février par le Centre de promotion des investissements privés de Côte d’Ivoire (Cepici), organisme créé en 2013 pour renforcer l’attractivité d’Abidjan.
Avec 11 % des fonds placés en Côte d’Ivoire, le Burkina Faso ravit la première marche du podium à l’île Maurice (première en 2021 et 2022 avec respectivement 9 % et 11 %). Avec 110 milliards de F CFA (environ 167 millions d’euros), c’est la première fois depuis 2013 que les investissements directs à l’étranger (IDE) burkinabè atteignent un tel niveau en Côte d’Ivoire.
La Côte d’Ivoire, une locomotive économique
Avec un produit intérieur brut (PIB) de 70 milliards de dollars (près de 65 milliards d’euros) en 2022 selon la Banque mondiale, la Côte d’Ivoire confirme son statut de locomotive économique de l’Afrique de l’Ouest francophone. Solange Amichia, la directrice du Cepici depuis 2021, a mis en avant une hausse des investissements de 6 % sur un an, passés de 945 milliards de F CFA en 2022 à 1 000,15 milliards de F CFA en 2023. Elle souligne une autre évolution: un moins grand nombre de dossiers traités mais « pour des montants beaucoup plus importants ».

Après le Burkina Faso viennent la Turquie, la Chine, la France et le Togo. À noter que seule la France se maintient dans le top 5 depuis 2015, mais plus à la première place comme en 2018.
Les secteurs phares: les industries et les services
Si les transports et l’entreposage ont dominé pendant deux ans les flux d’investissements, ils se font détrôner en 2023 par les industries – environ 522 milliards de F CFA. Les secteurs liés aux services (transports, génie civil ou encore hébergement) se classent deuxièmes avec un volume financier de 467 milliards de F CFA. L’agriculture ferme la marche avec 0,9 % des investissements.
Le Cepici regrette toutefois que cette dynamique ne soit pas assortie de créations d’emplois. Solange Amichia a ainsi pointé que ces investissement ont permis la création de seulement 5 207 postes de travail, contre 6 273 l’année précédente. Elle explique ce recul de 17 % par le ralentissement des activités du secteur des transports. « Ce sont de gros pourvoyeurs d’emplois », a-t-elle poursuivi.

Au-delà de la mise en valeur de la Côte d’Ivoire comme terre d’investissements, le Cepici a mis en place des dispositifs pour faciliter la création d’entreprises dans le pays. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la croissance du PIB du pays atteindra les 6,6 % en 2024.
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