Grâce à Moody’s, la Côte d’Ivoire affiche l’un des meilleurs profils de crédit d’Afrique

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Grâce à Moody’s, la Côte d’Ivoire affiche l’un des meilleurs profils de crédit d’Afrique
Grâce à Moody’s, la Côte d’Ivoire affiche l’un des meilleurs profils de crédit d’Afrique

Thaïs Brouck

Africa-Press – Côte d’Ivoire. L’agence de notation américaine a relevé la note souveraine du pays de Ba3 à Ba2, lequel présente désormais le deuxième meilleur crédit d’Afrique subsaharienne.

Côté finances, les bonnes nouvelles se succèdent en Côte d’Ivoire. Le 1er mars, Moody’s a rehaussé la notation du pays de Ba3 (perspective positive) à Ba2 avec perspective stable. « Ce relèvement reflète la résilience économique de la Côte d’Ivoire, soutenue par une diversification économique croissante, des niveaux de revenus en hausse et des perspectives économiques robustes », note l’agence de notation américaine pour justifier sa décision.

En moyenne, le produit intérieur brut (PIB) réel du pays a progressé de 7,1 % entre 2012 et 2023. Moody’s s’attend à ce que cette tendance se maintienne jusqu’en 2026, notamment grâce à la mise en œuvre du Plan de développement national (PDN) 2021-2025.

Mieux, le PIB par habitant devrait progresser de 50 % d’ici à la fin de la décennie, passant de 6 485 dollars à la fin de 2022 à plus de 10 000 dollars. Cette croissance devrait être portée par une hausse de la diversification et par la montée en régime de la production d’hydrocarbures, en particulier grâce au champ Baleine.

Assainissement budgétaire

Ce relèvement de la note souveraine – suffisamment rare en Afrique pour être souligné – intervient quelques semaines seulement après l’émission réussie d’un nouvel emprunt obligataire sur le marché international de la dette. Le 22 janvier, la Côte d’Ivoire a en effet levé 2,6 milliards de dollars sur le marché, une première pour un pays d’Afrique subsaharienne après deux années de disette. D’ailleurs, pour Adama Coulibaly, le ministre ivoirien des Finances et du Budget, « cette réévaluation envoie un message fort à la communauté internationale, aux investisseurs et aux acteurs économiques mondiaux, soulignant la robustesse de l’économie ivoirienne. » Elle témoigne, en outre, « de la reconnaissance des efforts soutenus et des réformes d’envergure initiées depuis plusieurs années par le président Alassane Ouattara », poursuit le ministre interrogé par Jeune Afrique.

Dans son analyse, Moody’s met également en avant « les efforts d’assainissement budgétaire déployés dans le cadre du programme actuel du Fonds monétaire international [FMI] et la gestion efficace du profil de la dette publique ». Des efforts qui devraient se traduire « par des améliorations durables des indicateurs budgétaires du gouvernement et par une réduction des risques de liquidité ».

En effet, en mai 2023, le FMI a accordé un prêt de 3,5 milliards de dollars à la Côte d’Ivoire. En contrepartie, l’institution a demandé à Abidjan d’améliorer son assiette fiscale et son taux de prélèvement, qui est actuellement l’un des plus faibles d’Afrique. Ce travail serait déjà en cours au sein du ministère des Finances et du Budget, selon nos informations.

Moody’s s’attend à ce que cette stratégie se traduise par une augmentation des recettes fiscales globales d’au moins 0,5 point de PIB chaque année. « Les recettes publiques, hors subventions, devraient passer de 14,8 % du PIB en 2022 à 17 % en 2025 », estime l’agence de notation.

Pas de risque de crédit avec le départ de la Cedeao des pays de l’AES

Seule ombre au tableau, selon l’agence américaine, les niveaux élevés de pauvreté et l’inégalité croissante des revenus qui « pourraient menacer la stabilité politique à l’avenir, indépendamment des taux de croissance élevés du pays ».

En revanche, Moody’s ne s’inquiète pas des « tensions politiques croissantes en Afrique de l’Ouest », faisant référence à la sortie de l’Alliance des États du Sahel (AES, dont font partie le Mali, le Burkina Faso et le Niger) de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Cela ne devrait pas provoquer de risque de crédit. L’agence ne s’inquiète pas non plus des conséquences d’une éventuelle réapparition des tensions politiques internes avant l’élection présidentielle de 2025.

Tous les signaux semblent donc au vert, même si cette note Ba2 signifie que la Côte d’Ivoire reste dans la catégorie « spéculatif ». Le pays présente désormais le deuxième meilleur crédit d’Afrique subsaharienne, derrière le Botswana et aux côtés de l’Afrique du Sud. Et rejoint par là même le Brésil et le Vietnam.

Source: JeuneAfrique

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