Baudelaire Mieu
Africa-Press – Côte d’Ivoire. En Côte d’Ivoire, deuxième marché de la fintech, le trublion du secteur du mobile money dans l’ouest du continent pourrait revoir ses ambitions à la baisse, avec un secteur difficile à pénétrer.
La fintech américano-sénégalaise Wave, qui a révolutionné le secteur du mobile money en Afrique de l’Ouest en 2021, amorce une phase de réflexion sur ses ambitions. Et cela concerne notamment ses annonces dans le secteur des assurances dont le devenir est en suspens.
En effet, en 2022, la marque au pingouin était entrée en négociation avec plusieurs compagnies d’assurance dont l’ivoirien NSIA et le géant allemand Allianz, avec pour objectif le lancement des souscriptions de produits comme l’assurance santé. Le projet est depuis en stand-by, a expliqué à la presse le groupe, le 6 mars dernier.
Signature d’un accord avec Phamam Broker
Selon Katier Bamba, directeur général de Wave qui siège également au conseil d’administration en Côte d’Ivoire, 500 000 personnes bénéficient de l’assurance santé dans le pays, ce qui représente environ 75 milliards de francs CFA de primes. Des statistiques estimées comme encore faibles en matière de taux de pénétration. « Les compagnies d’assurance ne gagnent pas d’argent sur ce segment », précise le dirigeant de Wave Côte d’Ivoire pour qui « il est difficile de faire de l’assurance santé ».
Malgré tout, Wave a signé, en juin 2023, avec le courtier local Phamam Broker pour la couverture d’assurance santé de son personnel. La fintech compte poursuivre ainsi son développement sur ses deux marchés phares que sont le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
Mais le développement ne se fait pas exactement à la même vitesse. En effet, dans le pays de la Teranga, Wave a obtenu un agrément d’émetteur de monnaie électronique (EME). Ce qui n’est pas encore le cas du côté du leader mondial de la production du cacao, alors qu’il couvre le secteur de la cacaoculture via le paiement de la récolte des paysans.
Développement fulgurant en Côte d’Ivoire
Au cours des deux dernières années, la fintech pilotée en Afrique de l’Ouest par la Sénégalaise Coura Sène, a connu un développement fulgurant en Côte d’Ivoire dans le paiement de masse, avec l’essaimage de 150 000 points marchands et 15 000 lieux de services. L’entreprise revendique ainsi quelque 20 000 comptes créés entre 2021 et 2023 dans le pays, ainsi que plus de 70 % de parts de marché reléguant Orange Money, MoMo (MTN) et Moov au second rang.
« Wave est une machine à cash et a été obligée d’investir massivement. Malgré son succès, l’entreprise n’a pas encore atteint un seuil de rentabilité confortable. Et cela peut poser un problème à moyen terme », explique un expert du secteur des fintech. Aujourd’hui, la marque emploie plus de 600 personnes en contrat à durée indéterminé en Côte d’Ivoire, ce qui n’est pas sans incidence sur ses charges d’exploitation.
Pour l’avenir, Wave mise sur le lancement cette année de plusieurs produits à fort potentiel de croissance et n’exclut pas d’élargir ses partenariats bancaires qui, pour l’instant, se cantonnent à la banque nigériane United Bank for Africa (UBA) et la panafricaine Orabank. Pour Wave, qui est actif en Côte d’Ivoire, au Mali, au Burkina Faso et au Sénégal – son premier marché –, les projets d’expansion en Afrique de l’Ouest restent toujours d’actualité, mais le calendrier précis reste à déterminer.
Source: JeuneAfrique
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