« Le manque de données ne pourra plus être utilisé comme excuse » : un quart des animaux d’eau douce sont menacés d’extinction

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"Le manque de données ne pourra plus être utilisé comme excuse" : un quart des animaux d’eau douce sont menacés d’extinction

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Plus de 20 années d’un travail mené par plus de 1000 experts du monde entier ont été analysées, et elles fournissent une conclusion alarmante: un quart des animaux d’eau douce figurant sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) sont menacés d’extinction.

Cette évaluation, publiée le 8 janvier 2025 dans la revue Nature, met en lumière la dégradation silencieuse de ces écosystèmes qui « abritent 10% de toutes les espèces connues sur Terre et sont essentiels pour l’eau potable, les moyens d’existence, le contrôle des inondations et l’atténuation des changements climatiques pour des milliards de personnes », rappelle dans un communiqué Catherine Sayer, responsable de la biodiversité des eaux douces à l’UICN et autrice principale de l’étude.

L’évaluation de cette faune comprenait 23.496 crustacés décapodes (crabes, écrevisses et crevettes), des poissons d’eau douce mais aussi les odonates, couramment appelés « libellules » et « demoiselles ». Au moins 24% de ces espèces font face à un risque important d’extinction. Dans leur étude, les chercheurs précisent qu' »il existe une variation du risque d’extinction entre les groupes d’eau douce considérés, les décapodes ayant le pourcentage le plus élevé d’espèces menacées (30 %), contre 26 % pour les poissons d’eau douce et 16 % pour les odonates ». En outre, ils pensent que si les mollusques d’eau douce avaient été inclus dans cette évaluation, la proportion d’espèces menacées aurait été encore plus élevée.

La pollution représente la menace principale

Dans cette nouvelle étude, les chercheurs avancent des données extrêmement précises. Ils indiquent ainsi que depuis l’année 1500, 89 de ces espèces d’eau douce (82 poissons, 6 décapodes et un odonate) ont subi une extinction. Et 11 espèces, toutes des poissons, sont éteintes dans la nature. En réalité, le nombre d’espèces éteintes est sans doute plus élevé, simplement elles n’ont pas été déclarées à cause d’un manque de recherche, de données ou de preuves.

Qu’est-ce qui menace ces espèces ? 54% d’entre elles subissent les effets de la pollution, 39% les barrages (qui affectent notamment les migrations de poissons) et les prélèvements d’eau, 37% l’utilisation des terres (agriculture) et 28 % les espèces invasives et les maladies. En réalité, 84 % de ces espèces sont affectées par plus d’une de ces menaces. Déjà l’agriculture et la pollution sont étroitement liées. En outre, « près d’un cinquième des espèces d’eau douce menacées seraient affectées par le changement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes », précise l’étude.

D’après cette dernière, le plus grand nombre d’espèces menacées se trouve dans le lac Victoria (Kenya, Tanzanie et Ouganda), le lac Titicaca (Bolivie et Pérou), les zones humides du Sri Lanka et les Ghâts occidentaux, en Inde.

Une action rapide attendue

« Le manque de données sur la biodiversité des eaux douces ne pourra plus être utilisé comme excuse pour l’inaction », remarque Catherine Sayer. L’évaluation a été réalisée, et elle est alarmante. En plus des 89 extinctions confirmées, 178 autres espèces sont suspectées d’avoir disparu depuis l’année 1500. « Il est urgent d’agir rapidement pour faire face aux menaces afin de prévenir de nouveaux déclins et pertes d’espèces », alertent les chercheurs qui réclament notamment une meilleure gestion de l’eau.

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