Le cercle vicieux des microplastiques et des polluants

12
Le cercle vicieux des microplastiques et des polluants
Le cercle vicieux des microplastiques et des polluants

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Plus il y a de plastiques et plus les végétaux absorbent les polluants, et… plus il y a de polluants, plus les végétaux absorbent de plastiques. C’est le cercle vicieux des microplastiques. D’après l’Organisation de Coopération et de développement économiques (OCDE), c’est plus de 400 millions de tonnes de plastiques qui sont fabriqués chaque année. Ainsi, depuis 2015, un peu plus de 6,9 milliards de tonnes de déchets plastiques ont été produits, dont 79% finissent accumulés dans des décharges ou directement dans la nature, indique le site de National Geographic.

Pour en revenir à l’absorption des micro et nanoplastiques par les plantes, des chercheurs américains ont fait ce constat lors d’expériences avec des laitues. Publiées dans la revue NanoImpact, ces recherches ont démontré que l’exposition des laitues au micro et plus particulièrement aux nanoplastiques les impacte négativement. Ainsi, bien que les microplastiques aient tendance à s’accumuler majoritairement dans les racines, les nanoplastiques, quant à eux, atteignent généralement les feuilles, en plus des racines. Ils sont plus petits, rendant leurs déplacements de la racine aux feuilles de la laitue beaucoup plus faciles que pour les microplastiques.

En plus de s’intégrer parfaitement dans la salade, les plastiques altèrent leur photosynthèse (processus par lequel les végétaux convertissent l’énergie lumineuse en glucides), réduisent leur croissance ainsi que leur teneur en chlorophylle. Au-delà de ces changements, la présence de plastiques dans la laitue augmente son absorption de polluants.

En effet, dans cette étude, les salades ont été exposées à de l’arsenic et du boscalide, un pesticide. Les plantes ayant absorbé des plastiques, notamment des nanoplastiques, ont tendance à absorber jusqu’à trois fois plus de polluants que celles sans plastique. De plus, plus une laitue est polluée, plus elle absorbe de plastique…

Une exposition dangereuse pour la santé humaine

Cette exposition aux plastiques pose bien évidemment des questions pour la santé humaine. Si les aliments que nous mangeons sont contaminés aux plastiques et aux polluants, quels impacts cela peut-il avoir sur notre santé ? Pour tenter de répondre à cette vaste question, d’autres chercheurs américains se sont penchés sur l’impact des micro et nanoplastiques, mais cette fois sur les intestins humains. L’étude, publiée dans la revue Microplastics, s’est servie de faux intestins, faits pour ressembler le plus possible à celui de l’Homme, afin d’étudier l’impact des plastiques sur l’absorption de polluants.

Les scientifiques ont donc exposé ces intestins à des micro et des nanoplastiques, et à de l’arsenic et du boscalide, exactement comme pour les salades. Après ces expériences, ils se sont rendu compte que la présence de plastiques dans l’intestin favorisait l’absorption de polluants.

En effet, les particules de plastique les plus grandes n’avaient pas d’effets sur l’accumulation des polluants. Cependant, les plus petits morceaux de plastiques, eux, augmentaient l’absorption d’arsenic, mais pas du boscalide. Et, toujours à l’image des laitues, l’assimilation des polluants accentue l’absorption du plastique, passant de 10,6 à 19,5% pour les plus petites particules de plastique, et de 4,8 à 8,5% pour les plus grosses.

L’impact de l’arsenic sur la santé n’est pas un secret. Entre cancers, lésions cutanées, maladies cardiovasculaires et diabète, ses effets négatifs sont bien connus. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les sources d’expositions principales du produit chimique sont la contamination de l’eau de boisson ainsi que celles utilisées pour la préparation d’aliments et pour l’irrigation des cultures. Les plantes cultivées sont donc exposées à l’arsenic directement via l’eau les arrosant, en plus d’être contaminées aux plastiques via le sol. Le boscalide, quant à lui, est directement utilisé comme pesticide et pulvérisé sur les plantations. Après des études réalisées chez le rat, il se pourrait que la substance soit cancérigène, notamment pour l’Homme, bien que pour l’instant, cela ne soit pas confirmé.

Les micro et nanoplastiques auraient de nombreux impacts négatifs, notamment sur la santé humaine: perturbateurs endocriniens, vecteurs de bactéries… Leur danger réel reste néanmoins assez flou. Ce cercle vicieux prend donc encore plus d’ampleur. Plus les plantes destinées à la consommation sont exposées aux plastiques et aux polluants, plus les êtres humains les consommant le sont également.

D’autres études sont toutefois nécessaires

Les résultats de ces études montrent donc l’importance d’en faire d’autres afin d’évaluer les interactions entre les plastiques et les polluants et leurs effets sur la santé, des êtres humains, mais également de la faune et de la flore de nos écosystèmes. D’après la docteure Nubia Zuverza-Mena, l’une des autrices de l’étude sur les salades, « il y a des preuves que les plastiques peuvent modifier le devenir d’autres polluants, cependant, nos travaux suggèrent que ce n’est pas le même comportement pour tous les types de plastiques, c’est pourquoi nous sommes curieux de voir ce que les données montreront ». Indiquant que plusieurs autres expériences sont en cours afin d’essayer d’améliorer la compréhension de l’impact des plastiques sur différents matériaux et milieux.

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Côte d’Ivoire, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here