Comment Visa s’appuie sur les fintechs africaines pour faire disparaître le cash

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Comment Visa s’appuie sur les fintechs africaines pour faire disparaître le cash
Comment Visa s’appuie sur les fintechs africaines pour faire disparaître le cash

Femi Asu

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Alors que la finance numérique se développe plus rapidement que la banque traditionnelle, profiter des outils qu’offre la fintech sur le continent et les développer est une aubaine pour l’entreprise mondiale de paiement.

Pour stimuler l’inclusion financière et favoriser la croissance économique en Afrique, le géant mondial des paiements Visa s’associe à des fintechs et à des opérateurs de réseaux mobiles (ORM) pour numériser plus de 830 milliards de dollars payés annuellement en espèces en Afrique subsaharienne.

Pour Aida Diarra, la vice-présidente du géant américain et responsable de la région et interrogé par Jeune Afrique en marge du dernier Africa financial summit (Afis) à Casablanca, l’écosystème africain des fintechs est ainsi « innovant et très dynamique ». « L’ambition de Visa est de continuer à numériser les paiements en espèces de manière efficace et évolutive afin de contribuer au développement du continent », explique la dirigeante.

« Plus de 830 milliards de dollars sont payés en espèces chaque année en Afrique subsaharienne. La mission consiste donc à déterminer comment Visa peut jouer un rôle dans la numérisation de ces paiements en espèces », détaille-t-elle, ajoutant que cela contribuerait à ouvrir le continent au commerce et à stimuler les économies.

Les fintechs africaines en plein essor

« Les fintechs africaines se sont considérablement développées, réalisant des percées dans l’amélioration de l’accès au financement », explique un rapport de la Banque européenne d’investissement. Le secteur est en plein essor sur le continent alors que la finance numérique se développe plus rapidement que la banque traditionnelle. Le nombre d’entreprises proposant de nouveaux produits et services dans le domaine de la finance est passé de 450 en 2020 à 1 263 au début de 2024, selon le même rapport. « Cette tendance est particulièrement visible dans les plus grandes économies du continent, comme le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud, ou l’Égypte… où le numérique améliore l’inclusion financière. »

Moins d’une décennie après l’émergence de ce secteur, l’Afrique compte neuf licornes dans le domaine et des centaines de startups réparties sur les principaux marchés. En 2024, deux entreprises — la société nigériane de traitement des paiements Moniepoint et le groupe sud-africain de banque numérique Tyme — ont rejoint le club exclusif des licornes en levant respectivement 110 millions et 250 millions de dollars.

« Les fintechs ont fait un travail phénoménal en amenant les petits commerçants en ligne, en les aidant à numériser leurs services, en leur fournissant une passerelle pour accepter les paiements numériques, observe Aida Diarra. Elles leur fournissent également tous les services à valeur ajoutée dont ils ont besoin pour gérer et promouvoir leurs activités ».

Certaines de ces entreprises se concentrent sur les transferts de fonds pour s’assurer qu’elles créent des opportunités de paiements transfrontaliers transparents, tandis que d’autres s’associent à des banques traditionnelles pour « tirer parti de la technologie afin de déployer des références virtuelles » et d’intégrer davantage de personnes dans le système financier.

Collaborer pour créer une puissance

Visa intervient de différentes manières dans l’action des fintechs, « y compris par un programme d’accélération qui met en relation les startups africaines avec des mentors, des technologies et des opportunités d’investissement », poursuit Aida Diarra. « Nous évaluons le degré d’innovation [des fintechs], nous leur apportons des ressources, nous superposons nos propres capacités à l’innovation qu’elles apportent. Et nous leur donnons la possibilité d’accéder à des investisseurs en capital-risque, ou même à certaines de nos banques partenaires qui sont prêtes à les soutenir ».

« Visa Everywhere » est peut-être l’initiative qui illustre le mieux cette démarche. Ce concours mondial pour les start-up fintech crée un forum où les entreprises se mettent en réseau pour mieux exposer leurs outils et leurs offres. « Nous pouvons aussi nous associer littéralement aux fintechs. Dans certains cas, nous choisissons d’investir si cela fait partie de leur priorité stratégique et si cela correspond à la nôtre », ajoute la dirigeante.

Dans le cadre de ses actions pour faire progresser l’inclusion financière et façonner l’avenir des paiements numériques tout en favorisant la croissance des PME en Afrique, le géant Visa a investi en janvier dernier dans Moniepoint, tout en soulignant qu’il continuerait à s’associer aux banques, aux fintechs et aux ORM « pour créer un écosystème qui sera un moteur de la numérisation des paiements ».

« Les partenariats que nous établissons avec les fintechs et les ORM sont fondamentaux, explique Aida Diarra. Nous voulons nous assurer que nous associons notre technologie et nos capacités. Prenez l’exemple de quelqu’un qui a un portefeuille mobile et qui veut payer son abonnement à Netflix ou acheter quelque chose sur Amazon et pensez à l’opportunité que nous avons de construire un justificatif d’identité sur ce portefeuille. Il s’agit du même client que celui des ORM, mais nous apportons une autre valeur et créons une opportunité supplémentaire pour ce client d’accéder au commerce mondial ».

Et la vice-présidente de Visa de conclure en soulignant la nécessité de veiller à ce que les innovations créées soient constamment alignées sur le cadre réglementaire. « Les conversations se poursuivent. La très bonne nouvelle, de mon point de vue, est qu’à travers le continent, tous les régulateurs comprennent que les fintechs sont une force de transformation et d’innovation et qu’elles jouent un rôle clé dans l’écosystème des paiements. Nous devons simplement nous assurer que tout le monde comprend ce qu’il se passe. »

Source: JeuneAfrique

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