Africa-Press – Côte d’Ivoire. Il y a des disparitions qui n’en sont pas vraiment. Par exemple, le lapin d’Amérique Sylvilagus insonus se cachait des scientifiques depuis plus de 120 ans. Mais les habitants de la Sierra Madre del Sur, une chaîne de montagne située au Mexique, voyaient régulièrement le petit mammifère, qui représente même une source de nourriture pour cette communauté. Encore fallait-il que le dialogue se noue entre les différents acteurs de cette histoire. C’est maintenant chose faite et ce lapin, reconnaissable notamment à sa queue noire, a officiellement été redécouvert.
C’est à l’écologue José Alberto Almazán-Catalán que l’on doit cette redécouverte. Après avoir monté une expédition, il a visité dix zones de l’Etat du Guerrero durant cinq années. En 2020, il a interrogé des chasseurs de la région du Filo Mayor qui ont donné à l’équipe de recherche plusieurs lapins qu’ils avaient capturés ! Un don assez ahurissant quand on pense que la communauté scientifique se basait sur seulement quatre spécimens avant le début de l’expédition. L’un d’eux était une peau de Sylvilagus insonus donnée en 1998 par des chasseurs à la communauté scientifique. Lors de cette expédition, ses membres ont vu, de leurs propres yeux, des lapins Sylvilagus insonus sur le bord des routes. En tout, l’animal a été trouvé dans sept zones sur les dix étudiées.
Percer les secrets de cette espèce pour mieux la protéger
Dans un communiqué publié le 23 janvier 2025 par l’organisation Re:wild, qui s’est spécialisée dans la redécouverte d’espèces, les chercheurs de l’expédition l’assurent: « Tous les membres de la communauté locale interrogés au sujet de l’espèce ont exprimé leur volonté d’aider à protéger le lapin si les scientifiques déterminent que des menaces telles que le braconnage et la chasse de subsistance pourraient entraîner un déclin de la population ».
Si l’espèce se trouve dans une réserve naturelle, il n’existe cependant aucune mesure pour sa conservation. Ce lapin ne se retrouve que dans une zone restreinte, dans les forêts de conifères de la Sierra Madre del Sur. « Nous devons encore en savoir plus sur l’histoire naturelle de cette espèce, notamment sur ce qu’elle fait entre janvier et juin, qui correspond à sa saison de reproduction et à laquelle on a enregistré le plus grand nombre de spécimens », explique José Alberto Almazán-Catalán.
Une « queue de coton » noire et courte
Sylvilagus insonus prend le nom anglais de « Omiltemi cottontail rabbit ». Si on peut traduire « cotton tail » par « queue de coton », l’animal n’a cependant pas une queue blanche en forme de pompon. Il a même une queue courte et noire, ce qui le différencie des autres espèces (il est aussi particulièrement petit, comme ses oreilles).
« La description originale de l’espèce par la science occidentale et plusieurs lapins ‘Omiltemi cottontail rabbit’ collectés par Edward William Nelson en 1904 ne présentent pas non plus de taches blanches ni de queue blanche, mais à un moment donné au cours des décennies suivantes, le mot ‘cottontail’ a été inclus dans le nom commun de l’espèce », relate le communiqué.
Cette espèce est la 13e redécouverte grâce au programme de Re:wild, qui soutient les scientifiques dans leur quête.
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