Éthiopie-Somalie, conflit soudanais… Les grandes manœuvres diplomatiques de Guelleh

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Éthiopie-Somalie, conflit soudanais… Les grandes manœuvres diplomatiques de Guelleh
Éthiopie-Somalie, conflit soudanais… Les grandes manœuvres diplomatiques de Guelleh

Olivier Caslin

Africa-Press – Djibouti. L’Igad, présidée par le chef d’État djiboutien, va organiser un nouveau sommet pour tenter de trouver une solution au conflit soudanais ainsi qu’au différend qui oppose ces derniers jours l’Éthiopie à la Somalie.

Situés en première ligne du conflit soudanais et de la crise qui oppose ces dernières semaines l’Éthiopie et la Somalie pour des questions d’accès maritimes à la mer Rouge, les pays membres de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad) ont annoncé le 11 janvier, la tenue d’un sommet extraordinaire de l’organisation sous-régionale le 18 janvier à Kampala, la capitale ougandaise.

Sujets brûlants

Entièrement consacré à ces deux sujets brûlants, ce sommet a été convoqué par le président en exercice de l’Igad, le chef d’État djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh (IOG). Les représentants des huit pays membres de l’institution (Djibouti, Éthiopie, Kenya, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Ouganda et, depuis 2023, l’Érythrée), seront rejoints pour l’occasion par ceux des principaux partenaires extérieurs de la région, à savoir les États-Unis, l’Arabie saoudite, l’Égypte, ou encore les Émirats arabes unis.

Ce sommet fait suite à celui, extraordinaire lui aussi, organisé le 9 décembre à Djibouti, sur le conflit soudanais, en présence d’Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil souverain de transition du Soudan, mais sans son adversaire, Mohamed Hamdan Dagolo, alias Hemetti. Hôte du sommet, IOG en avait profité pour demander officiellement « un cessez-le-feu immédiat ».

Le dirigeant djiboutien avait accueilli quelques semaines plus tard, le 29 décembre, et toujours dans son pays, ses homologues Hassan Sheikh Mohamoud (Somalie) et Muse Bihi Abdi (Somaliland) pour relancer des pourparlers au point mort entre les deux camps depuis 2020. Les deux hommes s’étaient alors engagés « à poursuivre le dialogue ». Mais, vingt-quatre heures plus tard, Muse Bihi Abdi s’était envolé à Addis-Abeba, signer un protocole d’accord de location, pour cinquante ans, d’une douzaine de miles de son littoral à l’Éthiopie, provoquant la colère des présidents somaliens et djiboutiens.

Soutien à l’initiative de Pretoria

En organisant le futur sommet ougandais, IOG prouve qu’il a toujours la main et qu’il est bien « le faiseur de paix » dont la Corne de l’Afrique a grand besoin. « Qu’il ait pu, dans le contexte actuel, convaincre l’Éthiopie et la Somalie, ainsi que les deux Soudans, de se réunir autour d’une même table est déjà une réussite », estime-t-on au sein de l’Igad. L’organisation a été très active sous la présidence djiboutienne. En poste à la tête de l’organisation jusqu’en juin prochain, IOG semble vouloir en profiter pour éteindre les tensions dans la région et y apporter une stabilité politique identique à celle qui règne dans son pays depuis 25 ans.

Le président djiboutien a également apporté, ces derniers jours, le soutien de son pays au procès engagé par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice, pour génocide et violation de la Convention sur le génocide de 1948. Une décision forte à l’heure où les forces américaines et britanniques bombardent les rebelles houthis au Yémen, après que ces derniers ont mené plusieurs attaques récentes contre le trafic maritime en mer Rouge, en signe de solidarité avec les Palestiniens. Djibouti fait ainsi partie des rares pays africains à soutenir l’initiative de Pretoria, aux côtés de l’Algérie, des Comores, du Maroc, de la Mauritanie et de la Namibie.

Source: JeuneAfrique

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