Ramadan À Djibouti: Ferveur, Solidarité Et Renouveau

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Ramadan À Djibouti: Ferveur, Solidarité Et Renouveau
Ramadan À Djibouti: Ferveur, Solidarité Et Renouveau

Djibril Abdi Ali

Africa-Press – Djibouti. À Djibouti, l’arrivée du Ramadan marque bien plus qu’un simple changement de calendrier. C’est un temps suspendu, une respiration collective qui transforme en profondeur le rythme de la vie sociale, familiale et professionnelle. Dès les premières lueurs de l’aube, la ville adopte une cadence différente, plus mesurée, plus intérieure. Le tumulte quotidien laisse place à une atmosphère de retenue et de recueillement.

Dans les administrations publiques comme dans les entreprises privées, les horaires sont aménagés. L’État, attentif aux exigences physiques du jeûne, réduit la journée de travail, permettant à chacun d’accomplir ses obligations tout en préservant ses forces.

Les rues commerçantes, animées à l’ordinaire, connaissent une accalmie inhabituelle durant la journée. Les restaurants ferment leurs portes, conformément à la loi et au respect du mois sacré. Seuls les enfants, les malades ou les personnes dispensées par la religion rompent le jeûne à l’abri des regards.

Mais c’est à l’approche du crépuscule que la ville s’éveille véritablement. Lorsque l’appel du muezzin retentit, signalant la rupture du jeûne, les foyers s’illuminent. Autour des tables familiales, dattes, soupes parfumées et mets traditionnels sont partagés dans un moment de gratitude et de convivialité. La préparation de l’iftar mobilise toute l’attention des mères de famille dès l’après-midi. Samboussas croustillants, lahoh moelleux, riz épicé et plats inspirés des traditions somalies, afars et arabes composent un patrimoine culinaire vivant, transmis de génération en génération.

Après la rupture, les fidèles convergent vers les mosquées pour les prières d’Al-Isha et les Tarawih. Les lieux de culte se remplissent d’hommes et de jeunes venus chercher sérénité et élévation spirituelle. Même ceux que la santé limite maintiennent un lien avec le sacré à travers l’invocation et la méditation. Le Ramadan devient ainsi une école de patience et de discipline, mais aussi un espace de solidarité où l’entraide se renforce.

Le paysage médiatique accompagne cette dynamique. La Radio Télévision de Djibouti adapte ses programmes, proposant des émissions religieuses et culturelles en phase avec l’esprit du mois. Les quartiers, eux, vivent au rythme des veillées nocturnes.

Le mabraz, lieu traditionnel de sociabilité masculine, conserve sa place dans la vie sociale, mais l’atmosphère y est plus feutrée. Les discussions se font plus mesurées, le respect mutuel plus visible. Après les prières, certains s’y retrouvent pour échanger, tout en maintenant une certaine sobriété dans les propos et les comportements.

Parallèlement, la jeunesse investit les terrains de sport. Les tournois nocturnes de football et de boules animent les quartiers jusque tard dans la nuit. Ces compétitions, devenues incontournables durant le Ramadan, rassemblent différentes générations dans un esprit de fraternité. Le sport s’impose comme un vecteur de cohésion sociale, offrant un cadre structuré et dynamique aux veillées ramadanesques.

Le numérique occupe également une place croissante. Les jeunes partagent messages spirituels, rappels religieux et moments d’iftar sur les réseaux sociaux, créant un espace d’échange et de communion virtuelle qui prolonge l’expérience collective.

Malgré l’urbanisation et les mutations de la société, le Ramadan demeure à Djibouti un repère stable, un socle commun. Il façonne les habitudes, renforce les liens familiaux et rappelle à chacun l’importance de la patience, du partage et du respect. Chaque année, le mois sacré confirme sa capacité à rassembler la nation autour de valeurs communes, dans une atmosphère de grâce et de lumière.

Source: lanation

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