Intelsat – SES : l’Afrique gagne en vitesse de connexion avec la naissance d’un géant du satellite

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Intelsat – SES : l’Afrique gagne en vitesse de connexion avec la naissance d’un géant du satellite
Intelsat – SES : l’Afrique gagne en vitesse de connexion avec la naissance d’un géant du satellite

Quentin Velluet

Africa-Press – Djibouti. Le rachat de l’américain Intelsat par l’européen SES devrait contribuer à mieux couvrir le continent et renforcer la concurrence face à Starlink.

Dans les sphères dirigeantes du groupe luxembourgeois en Afrique, personne n’avait eu vent du rachat de l’américain Intelsat par l’européen SES. La nouvelle a été apprise dans la presse le 30 avril: SES va racheter 100 % du capital d’Intelsat pour 3,1 milliards de dollars. L’opération a été approuvée à l’unanimité par les conseils d’administration des deux entreprises et devrait être concrétisée au second semestre de 2025. « L’opération doit encore être acceptée par un certain nombre de régulateurs. Rien ne change pour les activités d’Intelsat et de SES d’ici là », indique à Jeune Afrique Jean-Philippe Gillet, vice-président senior pour le ventes mondiales médias et réseaux, chez Intelsat.

Le nouveau géant européen disposera d’une flotte de plus de 100 satellites géostationnaires en orbite terrestre (GEO, utilisés notamment pour la télévision, la radio et la connexion internet) et de 26 appareils en orbite terrestre moyenne (MEO, utilisés pour les systèmes de navigation comme le GPS), ont indiqué SES et Intelsat dans un communiqué commun.

L’opération sera financée par des liquidités et de nouvelles dettes, notamment des obligations hybrides, ont indiqué les sociétés, ce qui n’est pas pour inquiéter les investisseurs. Dans les heures qui ont suivi l’annonce du rachat, le cours de SES sur le marché Euronext a chuté de plus de 19 %, passant de 5,10 euros à 4,13 euros à la fin de la journée. Il s’est stabilisé depuis à 4,60 euros.

« 2,4 milliards d’euros de synergies financières »

Intelsat, qui dispose à ce jour de 20 satellites couvrant le continent, se veut néanmoins rassurant: « La transaction devrait générer 2,4 milliards d’euros (2,6 milliards de dollars) de synergies financières et opérationnelles, dont 70 % seront réalisées dans les trois ans suivant la clôture de la transaction. La transaction devrait être finalisée au cours du second semestre 2025, puis l’équipe d’intégration aura besoin de plus de temps pour évaluer et planifier les transitions », indique un porte-parole de l’entreprise. Et d’ajouter: « À ce stade, nous ne pouvons pas prédire quels sites pourraient être affectés. »

Concernant l’Afrique, l’entreprise affirme que son engagement envers ce marché « restera plus fort que jamais ». « L’annonce d’aujourd’hui reflète et renforce notre engagement à respecter nos obligations contractuelles existantes ainsi que notre engagement stratégique de partenariat avec des clients clés pour fournir des services et des solutions de haute performance. Une fois le rapprochement réalisé, l’entreprise qui en résultera, plus forte, disposera de capacités et de ressources accrues qui renforceront notre capacité à répondre aux besoins des clients à long terme. »

« Deux tendances guident le marché actuellement sur le continent. D’une part, l’extension des réseaux téléphoniques est toujours en cours ce qui nécessité des complémentarités de connectivité avec les opérateurs terrestres. D’autre part, une demande persiste dans les pays qui ont peu d’accès aux réseaux de fibre optique et dans les pays en conflit, comme dans la région du Sahel », explique Jean-Philippe Gillet.

Du côté de SES, on se réjouit aussi de la complémentarités que devrait permettre la mise en commun des différents équipements. « Il n’existait pas de société aussi complète pour répondre à tous les besoins des clients », explique à Jeune Afrique, un dirigeant africain de SES, sous couvert d’anonymat. Selon lui, aucun chevauchement ne sera observé dans l’union des couvertures satellitaire: « Sur les zones couvertes à la fois par Intelsat et SES, nous disposerons de davantage de bande passante et sur le reste nous serons complémentaires », conclut-t-il.

En unissant leurs forces, les deux opérateurs devrait disposer de nouveaux arguments pour financer leur développement face aux projets Starlink et Kuiper respectivement développés par les milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos. SES détient par ailleurs un partenariat de distribution avec Starlink tandis qu’Intelsat est lié sur ce point avec les satellites basse orbite d’Eutelsat-Oneweb.

Au cours de l’année 2023, l’entreprise a réduit son endettement de 67 % et enregistré un chiffre d’affaires de 2,1 milliards de dollars. Intelsat table sur une croissance moyenne de 5 % par an jusqu’en 2026. Malgré un chiffre d’affaires de 2 milliards de d’euros, SES a quant a lui enregistré un résultat net de -905 millions d’euros la même année.

Source: JeuneAfrique

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