Yara Rizk
Africa-Press – Djibouti. Pour la société de conseil McKinsey, les économies du continent doivent mettre l’accent sur la productivité, en particulier dans le secteur des services, afin de relancer leurs croissances.
Le monde a besoin d’une Afrique prospère », énonce le dernier rapport du McKinsey Global Institute (MGI) intitulé « Réinventer la croissance économique en Afrique : transformer la diversité en opportunité ». Présenté lors de l’Africa CEO Forum à Abidjan, le document insiste sur l’importance d’améliorer la productivité pour faire face aux chocs exogènes.
« C’est la première fois que nous mettons l’accent sur cet aspect, et, pour moi, c’est la clé du succès, explique Acha Leke, associé senior et responsable de la région Afrique chez McKinsey. Il faut faire en sorte que les Africains soient plus productifs. »
Croissance plafonnée
En 2019, la productivité du secteur des services en Afrique était la plus faible au monde, avec 7 200 dollars par habitant et par an, contre 8 900 dollars en Inde, 17 700 dollars en Amérique latine ou 20 900 dollars en Chine. Ce manque de productivité contribue au fait que 60 % de la population du continent vit toujours sous le seuil de pauvreté et que la croissance du revenu par habitant a plafonné à 1,1 % par an en moyenne depuis 1960.
Au cours des vingt dernières années, d’après les données compilées par MGI, l’économie africaine a connu une profonde transformation structurelle, en se tournant principalement vers le développement des services. Le secteur est ainsi devenu le principal moteur de la production économique du continent, contribuant à hauteur de 56 % de son PIB en 2019, contre 50 % en 2000. La part d’emploi du secteur est également passée de 30 % à 39 % durant cette même période.
Jusqu’à 255 millions de nouveaux emplois
Selon les projections du rapport, le secteur des services, s’il continue sur sa trajectoire actuelle, créera au moins 85 millions de nouveaux emplois d’ici à 2030, ce qui permettrait d’absorber la moitié des nouveaux arrivants sur le marché du travail dans des emplois à haute productivité. Plus encore, ce chiffre pourrait tripler (et passer à 255 millions) si l’Afrique atteint une productivité comparable à celle de l’Asie du Sud-Est.
Pour y parvenir, « il faut élaborer des stratégies par pays et par régions d’Afrique », avance Acha Leke. Et de conclure : « Au-delà de ces stratégies, que beaucoup de pays africains ont déjà mis en place, il faut s’assurer qu’elles soient suivies d’effets et adaptées aux caractéristiques de chaque pays. Ce n’est qu’à cette condition que l’Afrique pourra devenir compétitive. »
La Source: JeuneAfrique.com
Pour plus d’informations et d’analyses sur la Djibouti, suivez Africa-Press





