Mariam Hamadou Ali, pilote de la transformation digitale de Djibouti

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Mariam Hamadou Ali, pilote de la transformation digitale de Djibouti
Mariam Hamadou Ali, pilote de la transformation digitale de Djibouti

Olivier Caslin – Envoyé spécial à Djibouti

Africa-Press – Djibouti. À la tête du ministère de l’Économie numérique et de l’Innovation depuis sa création en 2021, cette économiste a la haute main sur un dossier classé prioritaire par Ismaïl Omar Guelleh.

On peut n’avoir « aucune ambition politique », comme elle le confie, et entrer au gouvernement. C’est ce qui est arrivé à Mariam Hamadou Ali, nommée le 24 mai 2021 à la tête d’un ministère délégué à l’Économie numérique et à l’Innovation alors tout juste créé. La veille, « le téléphone n’a pas cessé de sonner ». Elle ne décroche pas, et c’est par des amis qu’elle apprend qu’elle est ministre – « mais je ne savais pas de quoi ! » Qu’importe. Elle se considère avant tout comme « un parfait petit soldat » au service du gouvernement et de son pays.

« Moins technicienne et plus politique »

Voilà déjà vingt-cinq ans que Mariam Hamadou Ali a intégré la fonction publique, plus précisément le ministère de l’Économie et des Finances. À 51 ans, madame la ministre déléguée a désormais la haute main sur un dossier du numérique « classé au rang de priorité de ce gouvernement », comme elle aime à le rappeler.

Elle n’a toutefois pas vraiment quitté « la maison », puisque les services dont elle a la charge aujourd’hui y sont rattachés. Elle n’a pas non plus changé ses habitudes de travail ; tout juste admet-elle une fonction « désormais moins technicienne et plus politique », même si elle avoue « rester encore accrochée à [son] ordinateur ».

Car Mariam Hamadou Ali aime les chiffres et les tableaux Excel. Déformation professionnelle, sans doute, pour cette économiste qui a quitté Djibouti après son bac afin d’étudier à l’université de Fès, au Maroc. Quatre ans plus tard, elle revient au pays, où commence son parcours dans l’administration, d’abord à la direction de la planification, où elle reste jusqu’en 2002.

Cette année-là, elle reprend ses études, en France cette fois, où elle obtient son diplôme de master 2 de gestion en politique économique. Elle aurait ensuite pu s’installer à Washington, qu’elle découvre lors d’un stage de quelques mois à la Banque mondiale et qui ne veut plus la laisser partir – « je cochais toutes les cases », se souvient-elle. Mais elle préfère rentrer à Djibouti pour y faire carrière.

« La seule femme du ministère »

À son retour, en 2004, Mariam Hamadou Ali fait figure de pionnière : elle est « la seule femme du ministère ». Et trois ans plus tard, elle en devient « la première directrice », en prenant la direction de l’économie, du plan et des analyses macroéconomiques. Poste qu’elle occupera pendant treize ans, avant d’être nommée à son portefeuille actuel. Comme si le moment était venu de passer à autre chose.

Après avoir exécuté deux plans quinquennaux, « j’avais un peu l’impression de me répéter », confie-t-elle. D’autant qu’elle avait auparavant participé à l’élaboration du plan prospectif « Vision 2035 » et s’était attelée à une étude rétrospective sur le pays pour la période 1977-1997. Quand elle dit « bien connaître les réalités économiques de Djibouti », on peut donc la croire sur parole.

C’est d’ailleurs l’avis de son ministre de tutelle, Ilyas Moussa Dawaleh, avec lequel elle a travaillé pendant onze ans et qui a fortement soutenu sa nomination au tout nouveau portefeuille de l’Économie numérique et de l’Innovation, où elle est arrivée « comme devant une feuille blanche ».

Ses attributions sont en revanche très claires : assurer la numérisation de la fonction publique et du secteur privé, et attirer les acteurs de l’économie numérique. Si beaucoup a déjà été réalisé, la ministre reconnaît que « beaucoup reste à faire » en matière de transformation numérique des services publics et de digitalisation de l’économie. Après avoir œuvré à la définition des cadres réglementaires et juridiques, Mariam Hamadou Ali travaille désormais à la mise en œuvre de la « Vision 2035 » et se voit « comme la planificatrice » d’une transition numérique que son pays ne veut pas rater.

Source: JeuneAfrique

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