Relations CPI-Afrique: Échanges Francs à Bruxelles

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Relations CPI-Afrique: Échanges Francs à Bruxelles
Relations CPI-Afrique: Échanges Francs à Bruxelles

Africa-Press – Djibouti. Les relations entre la Cour pénale internationale (CPI) et les Etats africains étaient au cœur d’une réunion d’échanges organisée mercredi à Bruxelles.

A l’initiative du Groupe africain des ambassadeurs à Bruxelles (GAAB) et de la Mission permanente de l’Union africaine (UA) auprès de l’Union européenne, la rencontre s’est tenue au Tangla Brussels Hotel, réunissant diplomates africains, représentants européens et hauts responsables de la CPI, dont le procureur adjoint, Mame Mandiaye Niang.

Les discussions ont permis un « dialogue franc et constructif » sur les avancées, mais aussi sur les points de friction qui marquent encore la coopération entre la juridiction basée à La Haye et plusieurs capitales africaines. Au centre des échanges, la lutte contre l’impunité, le respect du droit international et les impératifs de paix et de stabilité sur le continent.

Prenant la parole, le procureur adjoint a salué « un cadre essentiel » pour renforcer la compréhension mutuelle, plaidant pour une coopération accrue fondée sur la complémentarité entre la CPI et les systèmes judiciaires nationaux. Il a notamment insisté sur la nécessité de consolider le partage d’expertises et l’appui technique aux juridictions africaines.

Dans son allocution d’ouverture, le représentant permanent de l’UA auprès de l’UE, l’ambassadeur Ali Yacoub Mahamoud, a replacé ces échanges dans un contexte international « où la défense du multilatéralisme est mise à l’épreuve ». Il a rappelé le rôle moteur des Etats africains dans la création de la CPI, tout en soulignant les critiques récurrentes visant l’institution.

« Pendant de longues années, presque toutes les situations examinées par la Cour concernaient l’Afrique », a-t-il relevé, évoquant un sentiment de « justice sélective » alimenté par certaines décisions et par le rôle du Conseil de sécurité des Nations unies.

Il a également souligné les inquiétudes liées aux mandats d’arrêt visant des dirigeants en exercice, susceptibles, selon plusieurs pays africains, de fragiliser des processus de paix.

Pour autant, ces critiques « ne traduisent pas un rejet de la justice internationale », a-t-il insisté, mais une exigence d’équilibre, de neutralité et de respect des principes du droit international, y compris sur la question sensible des immunités.

L’Union africaine, a-t-il ajouté, entend poursuivre le développement de ses propres mécanismes judiciaires, notamment à travers la future Cour africaine de justice et des droits de l’homme, afin de juger les crimes internationaux « au plus près des sociétés concernées ».

Les participants ont convenu de poursuivre ce dialogue avec le Bureau du procureur de la CPI. Objectif affiché? Renforcer la confiance et bâtir une coopération plus étroite en matière de justice pénale internationale, au bénéfice des victimes et de la stabilité du continent.

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