À l’occasion de la visite des auditeurs de l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale (IHEDN), les Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDj) ont conduit un exercice militaire conjoint d’envergure avec les Forces armées djiboutiennes. Organisé sur les sites de Koron et du Grand Bara, cet entraînement interarmées a illustré de manière concrète la solidité du partenariat stratégique entre la France et Djibouti, dans un environnement opérationnel réaliste et exigeant.
Mobilisant des moyens terrestres et aériens, cette manœuvre a permis de renforcer l’interopérabilité entre les deux armées et d’accroître l’aguerrissement des soldats engagés. Les scénarios de combat, inspirés de situations contemporaines, ont mis en lumière la capacité des forces conjointes à agir de manière coordonnée face à des menaces étatiques, non étatiques et hybrides. Cette coopération opérationnelle s’inscrit pleinement dans le cadre du Traité de coopération en matière de défense, signé et ratifié à l’été 2024, qui renouvelle pour vingt ans supplémentaires la présence militaire française à Djibouti.
Au-delà de la dimension strictement militaire, l’événement a également revêtu une forte portée pédagogique et citoyenne. Des élèves du Lycée d’Excellence de Djibouti, des Escadrilles Air-Jeunesse, du Brevet d’Initiation Aéronautique, de la classe de défense du lycée français Joseph Kessel, ainsi que des étudiants de l’Institut National d’Administration Publique, ont été invités à assister aux démonstrations. Cette immersion leur a offert une vision concrète des missions et des capacités des Forces armées djiboutiennes, des Forces de sécurité intérieures et des FFDj. Les échanges directs avec les militaires ont permis aux participants de mieux appréhender les enjeux de défense et de sécurité, tout en les sensibilisant au rôle stratégique majeur de Djibouti, véritable îlot de stabilité dans la Corne de l’Afrique.
Sur le site de Koron, la démonstration terrestre a été assurée par le 5ᵉ Régiment interarmes d’outre-mer (5ᵉ RIAOM), pilier de la composante terrestre des FFDj. Régiment interarmes par nature, il regroupe infanterie, blindés, génie, artillerie et hélicoptères, et dispose d’une capacité de projection sous très court préavis. Le scénario présenté a mis en scène une opération conjointe visant à contrôler un axe stratégique, avec l’appui de l’artillerie djiboutienne et l’engagement de chars légers AMX-10 RC. L’intervention d’un hélicoptère d’attaque Gazelle a permis de neutraliser les dernières résistances adverses, démontrant l’efficacité de la coordination franco-djiboutienne en milieu désertique.
Au Grand Bara, la démonstration aérienne a été conduite par la base aérienne 188, héritière d’une présence aéronautique française continue à Djibouti depuis 1932. Forte de près de 400 aviateurs, elle constitue un outil majeur de projection de puissance et de défense aérienne en Afrique de l’Est. Le scénario a illustré une opération d’infiltration et d’exfiltration de commandos en milieu hostile, combinant hélicoptères, avions de transport et chasse. Mirage 2000-5, Casa 235, A330 MRTT et hélicoptères Caracal ont ainsi mis en évidence l’étendue des capacités opérationnelles de la base.
Chaque jour, plus de 1 500 militaires français et djiboutiens œuvrent conjointement à la protection du territoire, de l’espace aérien et des approches maritimes de Djibouti. Par ces démonstrations capacitaires, les Forces françaises stationnées à Djibouti ont réaffirmé leur engagement durable au service de la souveraineté djiboutienne et de la stabilité régionale, dans un contexte sécuritaire complexe et en constante évolution.
