Africa-Press – Djibouti. Une délégation arrive ce vendredi matin en Ukraine. Elle doit rencontrer le président ukrainien Zelensky et aller à Boucha. Elle se rendra ensuite en Russie et rencontrera Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg.
Une mission africaine arrive ce 16 juin à Kiev, avant de se rendre à Saint-Pétersbourg le lendemain, pour une médiation de paix entre l’Ukraine et la Russie, même si le retrait de dernière minute de plusieurs membres de la délégation semble assombrir ses chances de succès.
Quatre chefs d’État africains, un Premier ministre et un envoyé spécial doivent entamer des pourparlers avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, puis son homologue russe, Vladimir Poutine.
Cette médiation intervient en pleine contre-offensive ukrainienne avec une intensification des combats sur le terrain. « En temps d’escalade du conflit, la recherche d’une solution de paix doit être parallèlement accélérée », a déclaré le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, avant son départ.
« Nous souhaitons entamer des discussions […] pour voir si, grâce à des efforts conjoints, il serait possible de se rapprocher de la paix en Ukraine », a affirmé dans un communiqué le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Nikolenko.
Désistements
Mais cette mission ne démarre pas sous les meilleurs auspices. « Les conditions pour des discussions pacifiques et constructives ne sont plus réunies » avec l’intensification des violences, a déclaré une source diplomatique congolaise.
Et le 15 juin, la télévision nationale congolaise a annoncé que le président Denis Sassou-Nguesso, dont la participation était incertaine, ne serait finalement pas du voyage. Il sera représenté par son directeur de cabinet, le général Florent Ntsiba, qui serait arrivé dans la soirée en Pologne. Deux autres chefs d’État se sont désistés : le président ougandais Yoweri Museveni, testé positif au Covid, a choisi un ancien Premier ministre comme envoyé spécial. Et l’Égyptien Abdel Fattah al-Sissi sera remplacé par son Premier ministre.
Ces défections sont « susceptibles d’affaiblir la portée de l’initiative africaine », a estimé la source congolaise.
Minces chances de succès
À ce stade, seules les participations de Ramaphosa, des présidents sénégalais Macky Sall et zambien Hakainde Hichilema, ainsi que celle du président comorien Azali Assoumani, à la tête de l’Union africaine depuis février, sont confirmées. Ils doivent prendre un train depuis la Pologne pour rejoindre Kiev vendredi.
Pretoria avait annoncé le lancement d’une mission de paix africaine le mois dernier. Critiquée pour sa proximité avec Moscou, l’Afrique du Sud refuse de condamner la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine, affirmant tenir une position neutre et vouloir privilégier le dialogue.
Les pays africains ont dénoncé moins unanimement que les grandes puissances occidentales l’invasion russe de l’Ukraine de février 2022.
Selon les experts, les chances de succès de la mission sont minces. Les dirigeants africains « ne seront pas en mesure de nous offrir quoi que ce soit en termes de résolution de conflit », a estimé l’analyste politique ukrainien, Anatoliy Oktysiu, interrogé par l’AFP. « Ils ne peuvent pas jouer un rôle de médiateurs. Ils ont peu de poids politique, ils n’ont aucune influence », a-t-il poursuivi.
Pour Alex Vines, du groupe de réflexion britannique Chatham House, la médiation « a une chance » d’aboutir à quelques concessions de la part du Kremlin, avant un sommet économique Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg le mois prochain.
La Source: JeuneAfrique.com
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