Apnée du sommeil : enfin un premier médicament efficace

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Apnée du sommeil : enfin un premier médicament efficace
Apnée du sommeil : enfin un premier médicament efficace

Africa-Press – Djibouti. De multiples endormissements au volant, à table” et même “en conduisant des machines” ainsi que d’importants ronflements inquiètent Ludovic, 46 ans à l’époque de son témoignage publié sur le site de l’Alliance Apnée du Sommeil.

Pour les nombreux patients souffrant d’apnée du sommeil, une nouvelle option pourrait bientôt être prescrite: le tirzepatide, initialement indiqué pour la perte de poids chez les patients obèses et diabétiques de type 2. Il a montré une réduction moyenne de 60% de l’apnée du sommeil, d’après une nouvelle étude publiés dans le New England Journal of Medicine.

Obésité, diabète et apnée du sommeil sont liés

Le tirzepatide est le dernier né des antidiabétiques dont les effets secondaires amaigrissants ont poussé à leur prescription contre l’obésité. Avec une promesse de 21% de poids en moins, il fait partie de la famille des agonistes (qui imitent l’effet) du GLP-1.

Cette hormone intestinale élimine le glucose de la circulation après ingestion d’aliments. Or, surpoids, diabète et apnée du sommeil sont intimement liés. “Au moins 70% des patients qui se présentent pour une évaluation clinique de l’apnée du sommeil sont en surpoids ou obèses”, explique le Pr Ronald Grunstein, spécialiste du sommeil et à la tête du Centre NHMRC pour la recherche intégrée et la compréhension du sommeil (CIRUS, Australie) et co-auteur de ces nouveaux travaux.

En cause, la compression des voies aériennes par le tissu adipeux qui se traduit par des interruptions ou réductions de la respiration.

Lorsque ces anomalies durent plusieurs secondes au moins cinq fois par heure de sommeil, on parle de syndrome d’apnées ou d’hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), abrégé dans le langage courant en apnées du sommeil. Courante, cette affection touche 30% des plus de 65 ans en France et une personne sur 10 dans le monde, d’après l’Inserm. Outre les risques de fatigue et donc d’accident, la maladie peut causer dépression, isolement ou troubles cardiovasculaires comme l’hypertension ou le diabète de type 2.

Perte de poids et ventilation nocturne, des traitements contraignants

Jusqu’à présent, les principaux traitements contre l’apnée du sommeil reposent notamment sur la perte de poids et la ventilation nocturne. Mais les 15% de perte de poids requis pour être “pratiquement guéri” sont difficiles à obtenir ou à maintenir dans le temps, déplore Ronald Grunstein.

Quant à la ventilation en pression positive continue (PPC), elle nécessite le port d’un masque relié à une machine toute la nuit afin d’administrer de l’air pressurisé et éviter la fermeture du pharynx. Un procédé potentiellement contraignant et parfois inconfortable.

“Nous savons que les gens n’utilisent pas beaucoup ou pas du tout l’appareil, ou qu’ils l’enlèvent au milieu de la nuit et laissent la plupart de leurs apnées du sommeil graves non traitées. Alors qu’avec la perte de poids, c’est un effet direct. Cela fonctionne tout le temps”, pointe Ronald Grunstein.

Le tirzepatide contre l’apnée du sommeil, une “avancée importante”

Pour cette raison, la diminution de 60% des apnées du sommeil révélée par le laboratoire Eli Lilly, qui commercialise le tirzepatide et finance les études cliniques le concernant, donnent de l’espoir aux cliniciens.

Dans leurs derniers travaux, le tirzepatide est administré par injection pendant environ un an à 469 patients dans neuf pays différents dont les Etats-Unis, l’Allemagne et Australie. Il permet ainsi une diminution de 20 interruptions ou diminutions de respiration par heure sur les environ 50 observées initialement.

Une baisse qui atteint même 24 chez les patients ayant auparavant testé la ventilation en PPC. Un effet qui serait principalement dû à la perte de poids, bien qu’une action via d’autres mécanismes comme l’inflammation ne soit pas exclue, d’après le Ronald Grunstein. “Je pense qu’il s’agit d’une avancée importante”, ajoute-t-il. “C’est le premier médicament à montrer un tel degré d’efficacité dans la gestion de l’apnée du sommeil, avec en plus une réduction de la pression artérielle, des lipides, un contrôle de la glycémie, etc.”

Reste pour lui à comparer directement tirzepatide et ventilation PPC, dans un autre essai clinique dont il espère qu’il pourra avoir lieu. En attendant, un prochain essai clinique aura lieu pour mieux décrire les effets à long terme du traitement.

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