Bataille Épique Dans Les Mers Du Crétacé

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Bataille Épique Dans Les Mers Du Crétacé
Bataille Épique Dans Les Mers Du Crétacé

Africa-Press – Djibouti. Erratum du 24/03/26: Nous avions écrit ichtyosaure à la place d’ichthyodectiforme. Merci à nos lecteurs pour leur lecture attentive.

Une dent coincée dans une vertèbre depuis près de 85 millions d’années rappelle que les mers du Crétacé n’avaient rien d’un environnement paisible. En examinant un spécimen conservé dans les collections du Field Museum de Chicago, des chercheurs ont identifié la trace directe d’une attaque entre deux grands prédateurs marins: un Polycotylus, un plésiosaure au cou relativement allongé, et Xiphactinus, un gigantesque poisson osseux (apparenté aux ichthyodectiformes), carnivore bien connu dans les mers intérieures d’Amérique du Nord.

Une dent brisée

Le fossile provient de la Mooreville Chalk d’Alabama, un dépôt daté du Santonien-Campanien (85 à 72 millions d’années) et correspond à un individu subadulte Polycotylus latipinnis d’environ quatre mètres de long. La surprise se trouvait dans une de ses vertèbres cervicales médianes: une grosse dent brisée à la base et à la pointe, enfoncée dans l’os. Le spécimen a été repéré par Christopher Brochu alors qu’il examinait d’autres fossiles conservés au musée. Comme la dent était trop endommagée pour être identifiée à l’œil nu, l’équipe a utilisé un scanner pour la visualiser sans l’extraire.

Cette « autopsie » numérique a révélé une dent conique, lisse, légèrement recourbée, avec une grande cavité pulpaire. Ce portrait ne correspond ni aux requins connus dans ce gisement, ni aux reptiles marins qui y vivaient aussi, mais cadre avec celui d’un grand poisson osseux. Or, dans la zone, un seul candidat réunissait la bonne taille, la bonne dentition et une gueule assez large: Xiphactinus, selon les résultats publiés dans le Journal of Vertebrate Paleontology.

Un cou trop exposé

L’intérêt du fossile ne tient pas seulement à l’identité du mordeur, mais à la nature même de la blessure. Les dents fossiles laissent souvent des marques sur les os, mais il est rare qu’une dent reste coincée dans la victime. Ici, l’association entre blessure et agresseur est donc beaucoup plus solide qu’à l’ordinaire. Les auteurs restent prudents sur la scène exacte, le Xiphactinus n’a sans doute pas attaqué le Polycotylus pour s’alimenter.

Il pourrait plutôt s’agir d’un affrontement ou d’une morsure portée sur un animal déjà mourant ou mort très récemment. Mais, quelle que soit la situation précise, la localisation de l’impact ne laisse guère d’espoir à la victime. Le long cou des plésiosaures était aussi leur point faible: trachée, œsophage, grosses artères, grosses veines et nerfs y étaient particulièrement exposés. Une morsure profonde dans cette région pouvait sectionner des structures vitales, perturber la respiration et même compromettre la flottabilité de l’animal.

Cette découverte s’ajoute à une série d’indices déjà connus dans la Mooreville Chalk et dans des dépôts contemporains comme la Smoky Hill Chalk. On y trouve des traces de morsures attribuées à d’autres poissons osseux, à des requins et à des reptiles marins, ainsi que des contenus digestifs montrant que les grands prédateurs de ces mers s’attaquaient à toute une gamme de proies.

Même des dinosaures terrestres emportés au large pouvaient finir au menu. L’image qui en ressort est celle d’un réseau trophique dense, instable et plutôt brutal, où les grands chasseurs pouvaient eux aussi devenir des cibles.

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