Africa-Press – Djibouti. Les premières tentatives de comptage du temps remontent à plus de 3500 ans avant notre ère, en Égypte et en Mésopotamie. On y observe la course du Soleil et les phases de la Lune, mais l’observation ne suffit pas: il faut matérialiser la durée. « Le cadran solaire devient le premier instrument véritablement destiné à mesurer le temps « , explique Denis Savoie, historien de la gnomonique (l’art de construire des cadrans solaires) à l’observatoire de Paris et Universcience. Les plus anciens connus, datant du 16e siècle avant notre ère, « avaient un usage religieux. Les espacements entre les repères ne répondant à aucune loi mathématique, ils servaient sans doute à rythmer les prières quotidiennes. »
En Mésopotamie, les astronomes utilisent le gnomon, un bâton vertical dont l’ombre varie avec les saisons. De là naît la division du jour en base 60: soixante minutes, soixante secondes, héritage du système sexagésimal repris par Ptolémée dans son Almageste. Plus tard, dans l’Empire romain, les cadrans solaires se multiplient et imposent un temps collectif. À Rome, « on ne mange qu’avec la permission du soleil, tant la ville est remplie de cadrans solaires « , se plaint déjà Aulu-Gelle, à la fin du 2e siècle de notre ère, dans ses Nuits attiques.
Pour se repérer la nuit, les civilisations antiques inventent la clepsydre, ou horloge à eau. À Karnak (Égypte), vers 1400 avant notre ère, un vase percé laissait s’écouler l’eau à débit constant, le niveau marquant l’heure. Les Grecs s’en servaient dans les tribunaux pour limiter la durée des plaidoiries, et les astronomes pour chronométrer les éclipses. L’ingénieur grec Ctésibios, au 3e siècle avant notre ère, conçoit une horloge hydraulique, fonctionnant en continu grâce à une source d’eau alimentant des engrenages.
L’atome de césium, nouvel étalon de la seconde
Au 14e siècle, les horloges mécaniques scandent les heures dans les clochers. Mais leur précision reste faible: les premières horloges à foliot (balancier horizontal) dérivent de vingt minutes par jour. Il faut attendre 1656 et l’invention du pendule par Christiaan Huygens pour « maintenir la seconde sur plusieurs semaines. C’est la plus grande révolution métrologique de tous les temps « , affirme Denis Savoie.
Jusqu’au 19e siècle, la plupart des villages vivent encore « à l’heure du Soleil « . Les cadrans méridiens servent à régler les montres. Ce n’est qu’avec le chemin de fer et les réseaux télégraphiques que la minute s’impose comme unité universelle. Puis vient le temps des physiciens: longtemps définie par la rotation terrestre, la seconde change de nature en 1967: elle est désormais fixée par la fréquence d’oscillation d’un atome de césium, invariable dans le temps et l’espace.
En 2035, cette échelle hybride qu’est le temps universel coordonné, encore liée à la Terre, sera remplacée par le temps atomique international, établi à partir d’horloges atomiques réparties dans le monde. « Ce sera la première fois dans l’histoire de l’humanité que le temps ne dépendra plus ni du Soleil, ni des étoiles, ni de la Terre « , conclut Denis Savoie.
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