Africa-Press – Djibouti. C’est une coutume: chacune des sondes et engins d’exploration de la Nasa embarque à son bord un artéfact, un message, symbolisant le salut de l’humanité au cosmos. Les plus connus sont, bien entendu, les Golden Records fixés sur les sondes Voyager 1 et 2. Cette fois, pour la mission Europa Clipper, l’agence spatiale a conçu une plaque avec un thème articulé autour de l’eau, dont les planétologues espèrent qu’elle est abondante sous la surface d’Europe.
Europa Clipper sous le signe de l’eau
Fabriquée en tantale, un métal, et mesurant environ 18 centimètres sur 28, la plaque présente des éléments graphiques sur ses deux côtés. Le panneau orienté vers l’extérieur se compose du mot « eau » prononcé en 103 langues. Mais il n’y a pas d’enregistrement audio: les sons ont été convertis en formes d’onde (une représentation visuelle des ondes sonores) et gravés sur la plaque. Un site détaille comment les scientifiques ont procédé pour réaliser cette conversion.
Sur la face interne de la plaque est gravé un texte, Éloge du mystère: un poème pour Europe, rédigée par la poétesse américaine Ada Limón. En haut de la plaque, a été inscrite la fameuse équation de Drake qui permet d’estimer le nombre de civilisations extraterrestres avec lesquelles nous serions capables de communiquer. Elle porte également un portrait de Ronald Greeley, un des pères de la science planétaire et un des initiateurs de la mission vers Europe.
Enfin, une illustration représentant Jupiter et quatre de ses satellites avec une bouteille au centre, est également gravée. C’est dans cette fresque que sera insérée la puce contenant les noms des 2,6 millions de personnes qui ont répondu à la campagne « Message in a bottle » qui visait à impliquer le grand public dans cette mission.
Un océan sous la surface
Les « clippers » étaient des navires de commerce, dotés de trois mâts ou plus, caractéristiques de la deuxième moitié du 19e et du début du 20e siècle. Munis d’une importante voilure, ils étaient conçus pour naviguer rapidement et convoyer à travers les mers les denrées périssables.
La Nasa a repris ce terme pour nommer la mission d’exploration d’Europe qui décollera, si tout va bien, en octobre 2024 pour une arrivée prévue en 2030. L’objectif principal de la mission Europa Clipper sera de déterminer si le satellite de Jupiter possède des conditions favorables à l’épanouissement d’une forme de vie.
Des geysers d’eau sur Europe
Europe est en effet une des candidates les plus sérieuses, dans le système solaire, pour la recherche de forme de vie. Les scientifiques ont déjà prouvé qu’elle abrite, sous sa croûte gelée en surface, un océan liquide d’eau salée dont la composition est proche de celle des océans terrestres.
Europe est aussi animée par une tectonique active, abrite des geysers qui jaillissent du pôle sud et probablement des volcans sous-marins, autant de critères favorables à la vie. Europa Clipper va devoir les confirmer et aussi étudier plus en détail la composition chimique de l’océan subglaciaire.
En attendant le lancement, et quand les activités s’y prêtent, la Nasa offre également la possibilité de suivre les différentes étapes d’assemblage de la sonde en direct depuis le hangar High Bay 1 du Jet Propulsion Laboratory à Pasadena, en Californie. Dans cet espace, opérationnel depuis 1961, ont été construits quelques-uns des engins les plus célèbres de l’exploration spatiale: les sondes Voyager 1, Galileo, Cassini ainsi que tous les rovers martiens.
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