Par Ibrahim Miyir Ali
Africa-Press – Djibouti. Nous voici au mois de Ramadan, mois béni d’entre tous. Comme chaque année, à pareille période, les musulmans sont tenus de jeûner. Pas de manger, pas de boire et pas de rapports sexuels du lever au coucher du soleil. Tous se soumettent ainsi à la volonté du Très-Haut.
Tous? Non, hélas ! Au côté du bon musulman, qui s’acquitte régulièrement de son devoir religieux, il y a celui qui n’a cure des préceptes coraniques. Il s’agit, on l’aura compris, du « faadir », un être profane dont les frasques libertines en ce mois sacré font hurler les saints hommes.
Dans la communauté des croyants, le faadir est un cas à part. Bon vivant, il répugne à toute obligation d’abstinence. Quand, après onze mois de régal en continu, les autres se mettent à jeûner, lui, il continue de… déjeuner. Comme si de rien n’était.
Le Ramadan, avec ses lourdes contraintes physiques et morales, ne l’enchante guère. C’est le moins que l’on puisse dire. Il ne le supporte pas et si cela ne tenait qu’à lui, il y a longtemps que les piliers de l’Islam ne seraient pas au nombre de cinq.
Jeûner? Quelle horreur ! Pourquoi diable nous imposer une telle souffrance?
Incorrigible faadir ! Chaque année, il est là, toujours fidèle à son poste d’éternel empêcheur de jeûner en rond. A la fin de la journée, vers midi, alors que chacun se terre chez lui, il erre dans les ruelles désertes, en quête de pitance.
Autre caractéristique du faadir: sa boulimie. En ces jours de jeûne, où la frugalité est plus que jamais recommandée, il affiche un appétit d’ogre. Partout, on le voit s’en mettre plein la gueule, mégoter sans arrêt. Il va même jusqu’à brouter en plein après-midi.
C’est clair, notre bonhomme a un problème avec le Ramadan. Mais n’en croyez pas pour autant qu’il est un mécréant. Au contraire, il s’en défend farouchement. Son « islamité », il la revendique haut et fort. Saint-Faadir… Il n’y a pas plus croyant que lui.
D’ailleurs, n’est-il pas capable de réciter par cœur les versets du Coran? Et s’il se bourre la panse en plein Ramadan, ce n’est pas de sa faute: son estomac, quelque peu délicat, s’accommode mal des privations.
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