Africa-Press – Djibouti. Les tomates ne restent pas passives face aux attaques d’aleurodes, ou mouches blanches. Comme les pucerons, ces insectes piqueurs de sève transmettent de nombreux virus aux plantes. Or certaines variétés de tomates peuvent alerter leurs voisines, indique une étude publiée dans les PNAS par l’université normale de Hangzhou en Chine. Une fois piquée par un aleurode infecté, la plante émet plus rapidement un signal volatile, le bêta-caryophyllène. Ce composé rend les autres plants de tomate capables de déclencher une réponse antivirale plus intense si l’insecte infecté les attaque à leur tour. Cette réponse réduit alors fortement la propagation virale dans la plante et lui permet de maintenir sa production de graines.
Une alerte déclenchée seulement en présence du virus
Les chercheurs montrent aussi que ce signal précoce d’alerte est spécifique de la présence des virus et qu’il n’est pas émis si l’aleurode n’en porte pas. De façon surprenante, cette mobilisation chez les plants voisins attaqués se fait au détriment de celle, déjà connue, contre l’insecte piqueur. Autrement dit, la défense antivirale prend le pas sur la réponse dirigée contre l’aleurode. La priorité donnée à la défense antivirale peut s’expliquer, selon les chercheurs, par le danger nettement plus grave pour la plante d’une infection virale généralisée que celui des simples piqûres superficielles provoquées par l’insecte.
Attirer un prédateur pour lutter contre l’aleurode
La plante se défend néanmoins contre l’aleurode de manière indirecte en diffusant plus fortement un autre signal chimique, inconnu, qui attire une guêpe parasitoïde prédatrice de l’insecte. Toutes les variétés de tomates ne présentent pas une défense aussi élaborée contre l’aleurode et les virus qu’il véhicule qui restent, de fait, des fléaux majeurs pour leurs cultures.
Cependant, les chercheurs suggèrent qu’il est désormais possible de leur conférer cette propriété par des croisements appropriés avec les variétés résistantes qu’ils ont identifiées. « Ce travail représente une avancée majeure dans le domaine, témoigne la spécialiste Véronique Brault de l’Inrae, en démontrant qu’il est possible d’obtenir des plantes qui résisteront aux insectes vecteurs en attirant leur prédateur et qui permettront en parallèle de limiter la multiplication du virus dans les cultures. »
Source: Sciences et Avenir
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