Africa-Press – Gabon. S’adressant à ses compatriotes dans le cadre des civilités de Nouvel An, le Pr Albert Ondo Ossa, a dressé un tableau sombre de la situation générale du pays au sortir de l’année 2025 écoulée. Pour autant, celui qui n’a absolument pas baissé la garde, continuant à revendiquer sa victoire à la présidentielle de 2023, formule un message d’espoir pour sortir de « l’amateurisme et de l’incompétence » des autorités actuelles qu’il persiste à désigner comme des « putschistes ». Pour 2026, Albert Ondo Ossa affiche sa résilience, réaffirme ses convictions et proclame sa combativité, aux côtés de ses compatriotes épris de progrès et de liberté, pour délivrer le Gabon des mains inexpertes de celui « qui ne s’est jamais préparé à la fonction présidentielle et qui fait et dit une chose et son contraire à la fois », a-t-il asséné.
Pour planter le décor, Albert Ondo Ossa, croit savoir que plusieurs événements politiques ont rythmé la vie de la nation au cours de l’année écoulée, mais qui procèdent tous du faux autant qu’ils constituent irrémédiablement des usages de faux.
Il citer notamment Le référendum constitutionnel illégal, l’élection présidentielle illégale, les élections législatives et locales illégales, la loi de finances initiale 2026 absolument fantaisiste. Autant d’événements qui, selon lui, interpellent à plus d’un titre, autant qu’ils appellent à une réponse lucide, rapide et cohérente.
Sur le plan institutionnel, Albert Ondo Ossa, dénonce la réinstallation de la dictature comme mode de gouvernance au sommet de l’Etat, à la faveur d’une constitution illégale grâce à laquelle le Parti démocratique gabonais (PDG) se serait encastré pour renforcer ses positions, avec le retour sans ménagement à ses pratiques mafieuses.
Au nombre de ces pratiques, « la gabegie, la distribution aux affidés et aux proches, des rapines, des postes juteux, avec en prime la satisfaction de narguer un peuple déjà meurtri et de le nourrir de la semence de l’illusion et du paraître. Le plus grave en cela est la résurgence des crimes rituels qu’on pensait à jamais révolus », s’est-il indigné
Sur le plan politique, Albert Ondo Ossa se dit complètement médusé, d’observer la fin du pluralisme politique et le retour quasi-systématique à un monolithisme des temps anciens, où aucune voix discordante n’est tolérée. « Tout le monde est tenu de courber l’échine devant le grand timonier, le putschiste en chef, grâce à qui le Gabon existe », regrette-t-il.
Retour à l’ordre constitutionnelle et à l’orthodoxie
Albert Ondo Ossa dénonce alors une imposture au sommet de l’Etat et appelle les gabonais à s’attaquer résolument au problème de fonds, a deux volets essentiels: premièrement, « le retour sans délai à l’ordre constitutionnel, étant donné que la seule élection juridiquement valable est celle du 26 août 2023, dont les résultats sont connus de tous », affirme-t-il ; et deuxièmement, « l’orientation de toutes les actions individuelles et collectives, corporatives et professionnelles, vers une seule fin, le départ sans délai du putschiste en chef, c’est la seule solution au problème du Gabon, il n’y en a pas une autre », a-t-il martelé.
A cette double occurrence, l’année 2026 sera donc de l’avis d’Albert Ondo Ossa, le début de la construction du Gabon qui commencera par la mise en place d’une loi budgétaire spéciale calée sur le budget 2024 avec quelques modifications. Suivra trois mois après, un collectif budgétaire qui conduira à l’adoption d’une loi de règlement en octobre et l’élaboration du projet de loi de finances initiale 2027.
« Le redressement économique du pays prendra trois ans 2026, 2027 et 2028, année au cours de laquelle le Gabon retrouvera les grands équilibres macroéconomiques », promet l’universitaire et agrégé en sciences économiques.
Chantiers prioritaires
Dès son accession, qu’il croit imminente au pouvoir, Albert Ondo Ossa dit vouloir sur le plan politique, instaurer une transition qui durera tout juste trois (03) mois et se terminera par de véritables élections législatives et locales en vue de la normalisation de nos institutions politiques qui interviendra avant mai 2026.
« La seule constitution en vigueur sera celle d’avant le faux référendum qui subira des modifications nécessaires par les canaux courants et dans les délais requis. De plus, la création d’un ministère chargé de la réconciliation nationale permettra de mettre en place la commission vérité, justice et réconciliation pour exhumer et élucider tous les assassinats politiques commis depuis les années 70, à commencer par celui de M. Germain Mba », annonce-t-il.
Albert Ondo Ossa qui ne précise pas exactement comment procèdera- t-il pour accéder au pouvoir, suggère néanmoins que l’une des priorités de son action gouvernementale en 2026 sera accordée à tous ceux de ses compatriotes qui connaissent des difficultés de tous genres, qui font partie des couches sociales défavorisées, les délogées, les déguerpies, les sans-abris, les sans-emploi, les filles-mères, les handicapées et ceux qui n’ont ni eau ni électricité.
Albert Ondo Ossa voit ainsi poindre à l’horizon 2026, une nouvelle ère de liberté, de justice sociale et de démocratie. Il en appelle à la « résistance pacifique et responsable pour bâtir une nation unie, résiliente, où chaque gabonais compte, où la justice prime sur l’arbitraire et où la probité morale est exigée pour l’accès aux hautes fonctions politiques », a-t-il conclu.
M.-O. Mignonne





