Africa-Press – Gabon. Dans la nuit du 4 au 5 janvier 2026, un homme a tenté de mettre fin à ses jours en se jetant dans le vide depuis le haut de l’échangeur de Nzeng-Ayong, dans le sixième arrondissement de Libreville. Derrière ce geste désespéré se cache l’ombre d’un chagrin d’amour profond qui, loin d’être un simple sujet de plaisanterie, révèle l’urgence d’une prise en charge de la santé mentale au Gabon.
Si l’expression «goumin» est souvent utilisée avec dérision dans les conversations quotidiennes, l’incident de Nzeng-Ayong rappelle sa dangerosité réelle. Une rupture amoureuse peut déclencher un sentiment d’isolement et de désespoir absolu, particulièrement chez les jeunes, souvent démunis face à la gestion d’émotions aussi violentes. Le drame ayant eu lieu à Nzeng-Ayong dans le sixième arrondissement de Libreville expose la fragilité de l’individu lorsque la résilience personnelle et le soutien social font défaut.
Briser le silence et la stigmatisation
Le principal obstacle au salut reste la stigmatisation. Dans notre contexte culturel, la souffrance psychologique est trop souvent perçue comme une faiblesse, empêchant ceux qui souffrent de crier à l’aide. L’homme de l’échangeur de Nzeng-Ayong n’est pas seulement la victime d’un cœur brisé, mais aussi d’une société qui peine encore à offrir un espace d’écoute sécurisé et sans jugement.
Alors que les autorités enquêtent sur les circonstances exactes du drame et l’état de santé de la victime, ce choc doit servir de catalyseur. Il est impératif que les survivants de tels actes bénéficient d’un suivi psychologique rigoureux, comme celui proposé au Centre de santé mentale de Melen. Les écoles et les familles doivent également encourager une culture de l’intelligence émotionnelle. Apprendre à verbaliser sa douleur est le premier pas pour éviter l’irréversible. À côté de ça, il faudrait être attentif aux signes de détresse, tels que l’isolement, les propos sombres, le changement de comportement, etc., chez nos proches peut sauver une vie. Heureusement, la victime a été rapidement prise en charge par les secours et a été conduite à l’hôpital, rapporte Gabon Mail Info.
La tragédie de Nzeng-Ayong est donc un appel à la bienveillance. La santé mentale ne doit plus être un tabou, mais une priorité nationale. En tant que communauté, nous avons la responsabilité de veiller à ce que personne ne se sente contraint de choisir le vide pour faire taire sa souffrance.
Thécia Nyomba





