Africa-Press – Gabon. Après la suspension des principaux réseaux sociaux au Gabon, la plateforme TikTok serait prête à engager un dialogue direct avec le régulateur. Selon l’AGP, une délégation de l’entreprise est annoncée à Libreville pour discuter des modalités de coopération et d’un éventuel assouplissement de la mesure.
Une délégation du réseau social TikTok est attendue prochainement à Libreville afin d’échanger avec la Haute autorité de la communication (HAC), apprend-on ce lundi 23 février 2026 de l’Agence gabonaise de presse, dans un contexte marqué par la suspension des réseaux sociaux décidée par le régulateur gabonais. Selon l’AGP, le président de la HAC, Germain Ngoyo Moussavou, a reçu le 18 février dernier une correspondance de Nshingu Kazadi, directeur des Politiques publiques et des Relations institutionnelles de TikTok Afrique francophone, basé à Johannesburg. Dans cette lettre, la plateforme «prend acte» de la décision des autorités gabonaises et dit comprendre les préoccupations relatives aux violations du Code de la communication, notamment la loi n° 019/2016 du 9 août 2016.
TikTok affirme partager l’objectif de l’autorité de régulation de maintenir «un environnement numérique sécurisé, respectueux des droits et de la dignité des citoyens gabonais». L’entreprise assure également vouloir se conformer aux lois nationales en renforçant la modération de contenus, rappelant que la liberté d’expression ne saurait s’exercer en dehors du cadre légal.
Une coopération technique proposée
Pour concrétiser cette volonté de coopération, la plateforme propose d’intégrer la HAC à son dispositif TikTok Safety Enforcement Tool (TSET), un mécanisme de signalement prioritaire permettant aux autorités compétentes d’obtenir un traitement accéléré des contenus signalés.
Toujours d’après l’AGP, TikTok suggère également que la HAC lui transmette directement les URL de contenus jugés préjudiciables ainsi qu’une liste de mots-clés ou expressions sensibles afin d’améliorer ses systèmes de détection et d’anticipation. La société plaide, par ailleurs, pour l’instauration d’une collaboration «efficiente et continue», estimant qu’une coordination étroite constitue un levier essentiel pour garantir un espace numérique sûr.
Une suspension motivée par des dérives de contenus
Le 17 février 2026, la HAC a prononcé la suspension «jusqu’à nouvel ordre» de plusieurs réseaux sociaux au Gabon. La décision vise notamment TikTok, Facebook et YouTube, accusés d’héberger des contenus diffamatoires, haineux ou attentatoires à la dignité humaine, mais aussi susceptibles de porter atteinte à la cohésion sociale et à la sécurité nationale.
Les autorités ont toutefois précisé qu’il ne s’agissait pas d’une coupure générale d’internet: l’accès au réseau demeure opérationnel, seule l’utilisation de certaines plateformes étant visée par la mesure.
La mission annoncée à Libreville aura pour objectif d’examiner concrètement les modalités de mise en œuvre des propositions techniques formulées par TikTok et d’ouvrir la voie à une solution négociée. La plateforme considère qu’un dialogue structuré avec le régulateur gabonais constitue la meilleure option pour concilier encadrement des contenus et maintien des services numériques. La rencontre pourrait ainsi conditionner l’évolution de la suspension actuellement en vigueur et, à terme, la reprise normale de l’accès aux réseaux sociaux dans le pays.





