Africa-Press – Gabon. Un partenariat majeur pour la protection des forêts africaines vient d’être conclu à Nairobi entre The Nature Conservancy (TNC) et Forest Stewardship Council Africa, qui ont décidé d’unir leurs expertises jusqu’en 2030 afin de promouvoir la gestion durable de ces forêts, de réduire les émissions liées à la déforestation et de soutenir les communautés locales, avec une attention particulière portée au bassin du Congo, dont le Gabon constitue l’un des piliers écologiques.
Face à l’urgence climatique et à la pression croissante sur les écosystèmes forestiers africains, l’organisation internationale de conservation The Nature Conservancy (TNC) et le Forest Stewardship Council (FSC) Africa ont officialisé, le 19 février dernier à Nairobi, un partenariat stratégique de long terme. L’accord, conclu jusqu’en 2030, vise à accélérer la gestion durable des forêts, renforcer la gouvernance forestière et soutenir les communautés dépendantes des ressources naturelles, avec un accent particulier sur le bassin du Congo.
Un enjeu continental majeur
Poumon écologique de la planète, les forêts africaines jouent un rôle déterminant dans l’équilibre climatique mondial. Elles régulent les précipitations, stockent d’importantes quantités de carbone, abritent une biodiversité exceptionnelle et assurent la subsistance de millions de personnes. Mais déforestation, exploitation illégale, pression démographique et changement climatique fragilisent cet équilibre.
Partant du constat qu’aucune institution ne peut relever seule ces défis systémiques, TNC et FSC Africa ont choisi de mutualiser leurs compétences. L’approche repose sur la combinaison de l’expertise scientifique et opérationnelle de TNC en conservation, avec les standards internationaux de certification et les mécanismes de traçabilité développés par le FSC.
Le bassin du Congo au cœur de l’action
Les premières interventions se concentreront sur le bassin du Congo — notamment le Cameroun, le Gabon et la République du Congo — deuxième massif forestier tropical au monde après l’Amazonie. Les deux organisations travailleront avec les gouvernements, les exploitants forestiers et les communautés locales pour renforcer la surveillance des forêts, améliorer la conformité environnementale et produire des résultats mesurables à grande échelle.
Au Gabon, la coopération est déjà opérationnelle. Elle accompagne les autorités dans l’opérationnalisation des systèmes de certification forestière, le renforcement des dispositifs de mesure et de conformité carbone, ainsi que le développement de la gestion communautaire des forêts.
Selon Ademola Ajagbe, directeur régional Afrique de TNC, «l’ampleur du défi climatique et de biodiversité auquel sont confrontées les forêts africaines est trop importante pour qu’une seule organisation puisse y faire face seule». Il estime que cette collaboration permettra «d’amplifier l’impact collectif et de promouvoir une gestion durable à l’échelle nécessaire».
Certification, carbone et moyens de subsistance
Le partenariat ambitionne également d’améliorer la responsabilisation dans l’exploitation forestière et de soutenir des modèles économiques durables pour les populations locales. Concrètement, il s’agit de réduire les émissions liées à la déforestation, restaurer les paysages dégradés et valoriser les chaînes d’approvisionnement responsables grâce à la certification.
L’accord s’inscrit dans la dynamique de l’Initiative pour le patrimoine de Zamba, récemment lancée. Ce programme prévoit de placer 30 millions d’hectares de forêts africaines sous gestion certifiée et de restaurer 5 millions d’hectares de terres dégradées.
Pour le Dr Peter O. Alele, directeur régional Afrique du FSC, cette alliance constitue un levier déterminant: elle permet d’associer « une expertise scientifique de pointe aux normes rigoureuses de certification » et d’offrir une valeur tangible aux forêts africaines, tant pour le climat que pour les communautés.
Un levier pour les objectifs climatiques africains
Au-delà de la conservation, l’initiative vise à renforcer la contribution des paysages forestiers aux politiques climatiques et de développement du continent. En combinant science, certification crédible et mécanismes de marché, les deux organisations entendent étendre la superficie de forêts gérées de manière responsable et mobiliser davantage d’investissements internationaux.
Dans un contexte où la finance carbone, la traçabilité des matières premières et la gouvernance environnementale deviennent des enjeux économiques majeurs, cette alliance pourrait contribuer à repositionner les forêts africaines non seulement comme patrimoine écologique, mais aussi comme actif stratégique pour la transition climatique mondiale.





