Africa-Press – Gabon. Le parti REAGIR rejette catégoriquement la fusion annoncée avec l’UDB par un groupe de membres exclus qui se réclament abusivement de son identité. Dans un communiqué publié le 31 juillet 2025, son président Michel Ongoundou-Loundah démontre que cette opération est juridiquement nulle: la Cour Constitutionnelle ayant invalidé les candidatures de ces dissidents, ils n’ont aucune qualité pour engager quoi que ce soit au nom du parti.
Il existe, dans la vie des partis politiques, des moments où ‘la trahison’ cesse d’être un fait divers interne pour devenir une question de droit public. REAGIR (Réappropriation du Gabon, de son Indépendance pour sa Reconstruction) vient d’en faire la démonstration dans un communiqué signé de son président, Michel Ongoundou-Loundah, daté du 31 juillet 2025 à Libreville. Le texte vise sans détour François Ndong Obiang et ses partisans: exclus du parti en novembre 2024 pour falsification de cachet, ils sont depuis lors poursuivis en justice pour faux et usage de faux. C’est pourtant ce groupe, frappé d’exclusion et sous le coup de poursuites pénales, qui a annoncé au cours du week-end dernier une fusion avec l’UDB, comme si rien ne s’était passé.
Une fusion bâtie sur du vent
Ce que dénonce REAGIR ne relève pas du simple différend d’appareil. La direction officielle du parti décrit une entreprise de falsification méthodique conduite en trois temps. D’abord, l’usurpation de l’identité visuelle du mouvement, au mépris d’un logo protégé par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI). Ensuite, l’occupation illicite du siège du parti pendant dix mois, sans acquittement du moindre loyer. Enfin, une fuite précipitée en juillet 2025, avec dans les bagages le mobilier, le matériel de bureau et, détail aussi cocasse que révélateur, le chien de garde prêté par un cadre du parti. Ce pillage caractérisé a conduit à l’inculpation de trois des protagonistes, Bruno Ondo Mintsa, Fabrice Ekomo Ossazeh et Denard Ovono, pour violation de domicile, menaces et voies de fait.
La Cour Constitutionnelle comme arbitre ultime
C’est sur le terrain du droit que REAGIR pose ses arguments les plus décisifs. Par arrêt du 6 septembre 2025, la Cour Constitutionnelle a invalidé les candidatures des dissidents, actant ainsi ce que le communiqué du jour nomme leur «mort civile et politique» au sein du mouvement. Il en découle une conséquence juridique imparable: tant que le litige pour bicéphalisme, c’est-à-dire la contestation sur la direction légitime du parti, demeure pendant devant les juridictions compétentes, aucun acte officiel émanant de cette frange n’est juridiquement fondé ni recevable.
Le communiqué adresse dès lors un avertissement explicite à l’UDB: en s’associant à cette fusion, elle s’engage dans une opération frappée de nullité, elle acquière une «boutique vide» selon la formule cinglante d’Ongoundou-Loundah. Tout au plus, concède-t-il avec une ironie souveraine, ces vendeurs d’illusions peuvent-ils adhérer à l’UDB à titre strictement personnel, donc en leur nom propre, sans emporter avec eux le sigle REAGIR qui ne leur appartient pas.
Au-delà des turpitudes individuelles, REAGIR élève le débat à une hauteur qui interpelle l’ensemble de la classe politique. «Quand l’usurpation devient une méthode et le mensonge un programme, c’est le pacte de confiance entre le peuple et ses représentants qui se brise», lit-on dans le communiqué signé Michel Ongoundou-Loundah. Un constat amer qui, dans le contexte de la post-transition gabonaise, résonne bien au-delà des querelles d’un seul parti.





