Africa-Press – Gabon. Pendant que les projecteurs se braquent sur les grandes conférences internationales et les promesses de coopération qui s’évaporent sitôt signées, une institution vieille de neuf siècles œuvre en silence au Gabon, dans des dispensaires de quartier où se joue, chaque jour, la survie des plus démunis. L’Ordre Souverain de Malte n’a pas attendu la transition politique pour soigner les oubliés du système de santé gabonais, il le fait, discrètement et méthodiquement, depuis les années 1960. La récente visite de son Ambassadeur à Libreville révèle l’ampleur méconnue d’un engagement qui, loin de se réduire, s’apprête à conquérir de nouveaux territoires.
Dans le sillage de la rencontre historique tenue à Rome le 30 octobre 2025 entre le Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, accompagné de la Première Dame Zita Oligui Nguema, et le Grand Maître de l’Ordre Souverain de Malte, Fra John Dunlap, l’Ambassadeur de l’Ordre, Son Excellence Jean Hugues De Pradel De Lamaze, a effectué en ce mois de mars une visite de travail au Gabon. Un déplacement soigneusement préparé, qui s’inscrit dans la longue tradition d’engagement de l’Ordre sur le sol gabonais: une présence ininterrompue depuis les années 1960, portée par la même conviction que la dignité humaine ne saurait souffrir ni frontières ni indifférence.
Le séjour a donné lieu à des audiences au plus haut niveau de l’État, notamment avec la ministre des Affaires étrangères et la ministre de la Santé. Des rencontres qui témoignent de la densité des liens institutionnels entretenus entre Libreville et cette entité souveraine de droit international, dont l’influence dépasse largement le strict cadre diplomatique pour s’ancrer dans le quotidien des populations les plus fragiles.
Sur le terrain, la santé des plus vulnérables
Accompagné du Premier Conseiller de l’Ambassadeur de l’ordre au Gabon, Me Nicolas Chevrinais, l’Ambassadeur a visité les dispensaires soutenus financièrement par l’Ordre dans le Grand Libreville: le dispensaire Notre-Dame-des-Apôtres au PK8, celui de Nzeng Ayong, et le Centre de Santé Saint-Joseph de Lalala, tenu par les sœurs Claretaines.
C’est dans ce dernier établissement, propre, ordonné, animé d’une énergie soignante remarquable, que la ministre de la Santé, Dr Elza Ayo épouse Bivigou, a tenu à être présente en personne. Elle y a observé à la fois la remise de dons en médicaments et en matériel médical, et les méthodes de travail d’une équipe dont le professionnalisme force l’admiration. Avec plus d’une vingtaine de consultations quotidiennes, toutes catégories d’âge confondues, le centre de Lalala incarne concrètement ce que la solidarité internationale peut produire, loin des projecteurs, au bénéfice des laissés-pour-compte des systèmes de santé.
Une expansion vers le sud en perspective
Au-delà de ses interventions déjà actives à Libreville, Lambaréné, Makokou, Mékambo et Port-Gentil, l’Ordre Souverain de Malte entend étendre prochainement son action humanitaire vers les provinces méridionales du pays, notamment la Ngounié et le Haut-Ogooué. Deux régions enclavées, sous-dotées en infrastructures sanitaires, où l’accès aux soins demeure un défi quotidien pour des communautés souvent livrées à elles-mêmes. Dons de médicaments et dotations en matériel médical y sont envisagés à court terme, dans le droit fil d’une approche ayant toujours privilégié l’efficacité à la publicité, l’action concrète aux déclarations d’intention.
Cette extension géographique n’est pas un effet d’annonce. Elle procède d’une logique de continuité et de rigueur qui caractérise l’Ordre depuis ses premières implantations au Gabon: identifier les besoins réels, mobiliser les ressources adaptées, assurer un suivi durable. Une méthode éprouvée, loin des opérations coup de poing aussi médiatisées qu’éphémères. L’Ordre ne cherche pas les honneurs, il soigne. Et cela, au fond, suffit à sa grandeur.





