Un Cœur Meurtri: Émeraude Présente Son Premier Film

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Un Cœur Meurtri: Émeraude Présente Son Premier Film
Un Cœur Meurtri: Émeraude Présente Son Premier Film

Africa-Press – Gabon. «’Un cœur meurtri’, c’est parce qu’on a bien vu combien de fois tu peux tendre la main, tu peux aider au-delà des sentiments, au-delà de l’amour charnel, et que tu finisses déçu», dixit Martine Lomba, alias Émeraude, productrice du film

La salle n’avait pas encore retrouvé ses lumières que les spectateurs réclamaient déjà la suite. Le 28 mars, l’Institut français (IFG) de Libreville a offert un écrin inattendu à une œuvre qui ne l’est pas moins: premier long métrage produit par Martine Lomba, connue sous le pseudonyme Émeraude, «Un cœur meurtri» s’est imposé d’emblée comme un événement cinématographique singulier, à la fois intime et universel, ancré dans les réalités d’une société gabonaise que le cinéma local peine encore, trop souvent, à saisir avec cette acuité.

Le film explore les failles de l’amour entre une agente des forces de l’ordre gabonaise et un immigré nigérian. Un choix dramaturgique qui n’est pas anodin: en convoquant la figure de l’altérité au cœur d’une histoire sentimentale, la productrice touche à quelque chose de plus large que la fiction. Elle touche aux questions d’identité, de vulnérabilité et de coexistence qui traversent l’ensemble de la sous-région. Le scénario original a d’ailleurs dû être entièrement réadapté aux codes culturels locaux, Martine Lomba dit Émeraude ayant travaillé de concert avec son scénariste pour que le film sonne juste. «C’est un fait de société chez nous», a-t-elle expliqué, résumant en une phrase la démarche d’ancrage qui donne à l’œuvre sa texture particulière.

Au-delà du film, c’est une trajectoire qui s’affirme. «2026, pour moi, l’objectif était de rentrer de plain-pied dans la production. Ça n’a pas été facile, mais Dieu merci, on a pu. Je suis fière», a confié la productrice avec une émotion à peine contenue. Une fierté que le public a visiblement partagée. Émeraude a d’ores et déjà annoncé un second projet, intitulé «Le langage de l’amour», signe qu’une voix nouvelle, déterminée, vient de prendre place dans le paysage cinématographique gabonais.

Derrière la productrice se profile un parcours que le cinéma gabonais ferait bien de retenir. Martine Lomba, originaire de Koula-Moutou, n’est pas venue à la création par les voies balisées: diplômée en transport et logistique, elle a construit sa notoriété à partir de 2017 sur les réseaux sociaux, à coups de capsules humoristiques qui ont fait de «Le Journal d’Émeraude» l’une des marques d’influence les plus suivies du pays. Cette plateforme, aujourd’hui dotée d’un siège social inauguré à Libreville en avril 2025, est devenue une véritable entreprise de production audiovisuelle. «Un cœur meurtri» n’est donc pas le coup d’essai imprévu d’une autodidacte inspirée: c’est l’aboutissement logique d’une trajectoire construite, pas à pas, hors des sentiers académiques ; ce qui lui confère, au fond, une force supplémentaire.

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