Africa-Press – Gabon. Libreville a, une fois encore, tenu parole. Depuis le 29 mars 2026, le Gabon procède au règlement des intérêts de trois emprunts obligataires pour un montant cumulé de plus de 17 milliards de francs CFA, selon les avis officiels de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Premier émetteur souverain de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le pays démontre ainsi sa capacité à conjuguer discipline budgétaire et stabilité financière dans un contexte régional marqué par des tensions sur les marchés de capitaux.
Annoncée le 24 mars dernier dans le Bulletin officiel de la cote de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), cette opération, concerne trois lignes majeures à savoir l’emprunt “EOG 2024 à tranches multiples” dont la deuxième échéance, réglée à partir du 29 mars, s’élève à 10,9 milliards de francs CFA ; l’emprunt “EOG 5,6% net 2025‐2027”, dont le premier versement est prévu le 5 avril pour 3,545 milliards de francs CFA, et l’emprunt “EOG 6% net 2025‐2028”, qui sera servi le même jour pour 3,395 milliards de francs CFA.
Stratégie délibérée de préservation de la signature souveraine du Gabon
Les détenteurs d’obligations devaient perçoir des coupons nets de 600, 650 et 750 francs CFA, selon les tranches, avec encaissement via les banques teneurs de comptes, à compter du 30 mars. Un mécanisme précis et transparent, fidèle à la culture de rigueur que Libreville cherche à institutionnaliser.
Au-delà des chiffres, ce paiement régulier des intérêts traduit une stratégie délibérée de préservation de la signature souveraine du Gabon. En respectant sans faille ses échéances, l’État évite tout risque de défaut partiel et maintient la confiance des investisseurs institutionnels. Cette crédibilité se double d’un impact économique concret d’autant plus que les banques locales, principaux souscripteurs des titres, bénéficient d’un afflux de liquidités fraîches, stimulant, au passage, le financement des entreprises nationales. «Le respect des échéances financières est le meilleur ambassadeur de la diplomatie économique du Gabon», a souligné à juste titre un observateur du marché.
L’exemple gabonais fait figure de modèle de rigueur et de crédibilité retrouvée
L’opération apporte également un souffle de stabilité à la BVMAC, où le Gabon figure parmi les émetteurs les plus actifs. Dans un environnement où les financements en devises se resserrent, un versement cumulé de près de 18 milliards francs CFA d’intérêts constitue bien davantage qu’une simple formalité comptable. Il s’agit d’un signal de confiance vis-à-vis d’un marché en quête de repères et de transparence. En servant ses investisseurs dans les temps, Libreville réaffirme sa place de moteur financier de la sous-région.
Cette ponctualité, héritée d’une politique volontariste engagée depuis la période de Transition, est un socle indéniable pour la reconstruction économique du pays. Elle devra désormais s’accompagner d’une amélioration durable de la performance publique et d’une allocation plus efficiente des ressources. Car, la constance dont fait preuve le Gabon sur le terrain financier ne prend pleinement son sens que si elle soutient, à terme, une croissance inclusive et soutenable. À l’heure où de nombreux États africains peinent à contenir la pression de la dette, l’exemple gabonais fait figure de modèle de rigueur et de crédibilité retrouvée.





