comment Ali Bongo Ondimba a dynamisé la Ceeac

Gabon : comment Ali Bongo Ondimba a dynamisé la Ceeac
Gabon : comment Ali Bongo Ondimba a dynamisé la Ceeac

Africa-PressGabon. Avec la réforme de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac), Libreville tente de retrouver son rayonnement et son influence d’antan.

Le 27 novembre, Ali Bongo Ondimba a passé le flambeau de la présidence de la Ceeac à son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso. « Ensemble, nous avons fait aboutir la réforme de cette institution conformément au mandat que vous m’aviez confié en 2015 », s’est réjoui le chef de l’État gabonais devant ses pairs d’Afrique centrale. Il a ensuite salué une évolution « qui s’ancre dans les aspirations profondes de notre jeunesse ».

Satisfecit
Un satisfecit partagé par la Première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda, qui a évoqué « une réforme institutionnelle historique ». « Le Gabon a fait les efforts nécessaires pour aller dans le sens de la volonté globale d’intégration en Afrique. Il a redynamisé la Ceeac, la seule communauté économique régionale à laquelle il appartient et qui soit reconnue par l’Union africaine », explique Mays Mouissi, économiste gabonais.

La Ceeac est donc désormais dirigée par une commission (en remplacement de l’ancien secrétariat général) et installée dans un nouveau siège, plus spacieux, toujours situé à Libreville.

Présidée par l’Angolais Gilberto Da Piedade Verissimo et composée de sept personnes, celle-ci a défini les priorités de son mandat des cinq prochaines années : sécurité, libre circulation et harmonisation monétaire. En revanche, aucun poste n’est revenu au Gabon malgré l’activisme de sa diplomatie.

« Nous avons touché nos limites en matière d’influence régionale », déplore un diplomate gabonais. « C’est un petit sacrifice. Le siège était le véritable enjeu », tempère Mays Mouissi. D’autant que le Gabon préside déjà la commission de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (Cemac), avec Daniel Ona Ondo.

« Ali Bongo Ondimba a préféré se concentrer sur la Ceeac, dont il estime qu’elle a plus de chances de se développer », explique notre diplomate. « Au niveau des échanges, la Cemac se résume plus ou moins à quelques exportations du Cameroun et au bétail tchadien », abonde Mays Mouissi.

« À la croisée des chemins »
Libreville espère tirer profit d’une libre circulation des biens élargie à la RDC et à l’Angola, qui ne font pas partie de la Cemac. Le volume des échanges intra-communautaires reste aujourd’hui extrêmement faible (en deçà des 3 %), les pays de la zone partageant le même profil pétrolier ou minier.

« Il faut commencer par une harmonisation des tarifs douaniers, une libre circulation des biens et un développement des infrastructures », estime Mays Mouissi. « Le marché gabonais est trop faible pour attirer des projets comme une cimenterie géante. Mais, si les marchés sont interconnectés, il peut redevenir attractif en jouant sur sa fiscalité, par exemple », ajoute l’économiste.

La question des monnaies (six actuellement) pourrait être abordée par la suite, d’autant que le projet de fusion entre la Cemac et la Ceeac est toujours à l’étude. Mais les efforts ne pourront payer que si la volonté politique perdure, notamment du côté de l’Angola et de la RDC, également membres de la Communauté de développement d’Afrique australe.

« La Ceeac est à la croisée des chemins », lançait Ali Bongo Ondimba, le 27 novembre dernier. « Peut-être l’histoire se souviendra-t-elle que cela a démarré à Libreville », conclut un de ses collaborateurs.

 

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