du carcan de la Francophonie à l’attractivité du Commonwealth

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du carcan de la Francophonie à l’attractivité du Commonwealth
du carcan de la Francophonie à l’attractivité du Commonwealth

Africa-Press – Gabon. Membre de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le Gabon, pays autant riche que ses populations sont pauvres, veut s’ouvrir aux horizons espérés du Commonwealth pour engranger de nouvelles opportunités économiques pour sa jeunesse et ses entreprises, selon la vision dégagée par le Président Ali Bongo Ondimba.

Le coup du départ était en gestation depuis plusieurs années, mais c’est dans son message de Nouvel An que le Président Ali Bongo Ondimba l’a officiellement annoncé. Le Gabon a décidé de rejoindre le Commonwealth, la communauté des pays ayant en commun la langue anglaise et composée en grande majorité des anciennes colonies britanniques libérées de la tutelle de Londres.

Avec un espace physiquement plus grand et une population estimée à environ 2,4 milliards d’habitants, le Commonwealth n’est pas seulement un ensemble culturel scellé autour de l’anglais, il est vu aussi comme un espace d’opportunités de grande envergure capable de booster des économies comme celles des pays en développement d’Afrique. Et c’est surtout sous cet angle qu’il faut inscrire le choix d’un pays aussi fortement lié à la France que le Gabon. Aux yeux du chef d’État gabonais, le pays a besoin de s’ouvrir des horizons nouveaux pour sa jeunesse et pour son économie.

Pour cet homme de médias installé au Sénégal depuis plusieurs années, l’espace anglophone dominé par la Grande-Bretagne peut s’enorgueillir d’avoir dépassé des vieilles anomalies comme la Françafrique, une organisation souterraine et officieuse qui serait encouragée par des officiels français pour exécuter des agendas parallèles. Cet espace peut aussi se targuer d’avoir avec lui l’anglais comme instrument à la fois culturel, politique et social, aujourd’hui principal vecteur des échanges économiques dans le monde. Mais il y a plus.

La ruée de pays africains membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) vers le Commonwealth ne fait pas encore de grosses vagues, mais des jalons ont commencé à être posés. Le Rwanda, ex-colonie allemande et belge mais culturellement francophone, a sauté le pas depuis 2009 grâce à la volonté du Président Paul Kagame pour que les Rwandais “mettent à profit les perspectives économiques, politiques, culturelles et autres offertes par le réseau du Commonwealth”, soulignait Louise Mushikiwabo, alors ministre de l’Information, puis des Affaires étrangères, devenue secrétaire générale de la… Francophonie en janvier 2019. Si le Mozambique, membre de la Communauté des États lusophones (ex-colonies portugaises) a rejoint le Commonwealth depuis 1995. Le Togo, lui, est prêt à franchir le Rubicon.

Au regard des liens puissants tissés avec la France depuis la période coloniale, le Gabon tente l’émancipation tout en restant membre de la Francophonie, une option d’équilibre qui devrait rassurer Paris et les vieux milieux françafricains. Les Eléments français au Gabon (EFG) sont l’un des quatre contingents militaires de la France pré-positionnés en Afrique avec ceux du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et de Djibouti, en plus de la force Barkhane déployée au Mali depuis 2013.

Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2022, le Gabon est membre élu non-permanent du Conseil de sécurité des Nations unies jusqu’en 2024. Une posture qui devrait octroyer à ce pays d’Afrique centrale un vrai rayonnement diplomatique sur la scène internationale.

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