Climat des affaires : La longue chevauchée de Sieur Valay dans la jungle gabonaise du trafic d’influence et des abus d’autorité

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Climat des affaires : La longue chevauchée de Sieur Valay dans la jungle gabonaise du trafic d’influence et des abus d’autorité
Climat des affaires : La longue chevauchée de Sieur Valay dans la jungle gabonaise du trafic d’influence et des abus d’autorité

Africa-Press – Gabon. Détentrice d’un bail emphytéotique depuis janvier 1970 et régulièrement reconduit avec échéance en 2027, l’association sportive nationale Mindoubé-club, située à Libreville, est en proie aux démons affairistes du Gabon. Entre entourloupettes, trafic d’influence, intimidations, destruction de biens, saisies absurdes, vente illégale de parcelles opérée par les «nouveaux propriétaires», le gérant commercial légal, Thierry Valay, en appelle à l’intervention du Premier ministre et du chef de l’État. L’illustration de ce que la cupidité et l’impunité de certains pontes du pays, les abus de pouvoir, achats de conscience, loi du plus fort au détriment des décisions de justice ruinent le climat des affaires au Gabon.

Enseignant diplômé d’état, spécialisé en équitation et jouissant d’une bonne expérience dans le domaine sportif, le Français, Thierry Valay, broie du noir sur la section AG1 parcelle 2 où est situé le Mindoumbé-club. Il dénonce les machinations ourdies pour déposséder, sa progéniture et lui, du fruit de durs années labeur et d’un projet de vie.

Depuis plusieurs années en effet, ce Français ayant fondé foyer avec une Gabonaise, peine à mener son activité sur ce site en proie à la convoitise, aux actions en justice aussi absurdes qu’interminables, aux palabres et litige foncier. Or, laisse-t-il régulièrement entendre, «avec mon épouse gabonaise, nous avons mis toute notre énergie et notre passion au service du développement de notre site». Or, en toute illégalité et en se barricadant derrière quelques soutiens véreux haut placés, un certain Reslan Mazen, homme d’affaires libanais dit «puissant», s’est arrogé 17 hectares au moins de ce terrain.

La présidence de la République, par la voix de son secrétaire général, avait demandé à l’administration d’agir. L’actuel Premier ministre, patron de l’administration gabonaise, connait bien le dossier pour l’avoir traité lors de son passage au ministère des Sports. Il lui est aujourd’hui demandé d’avoir «le courage et la volonté de détordre ce qui a été tordu».

Impossibilité de faire exécuter la décision de justice

Depuis 2009, Thierry Valay a engagé une procédure judiciaire à la Cour d’appel judiciaire de Libreville qui lui a reconnu le droit d’exploiter les lieux. Or, en 2010, un haut cadre du ministère des Sports, accompagné d’hommes en uniformes, recrutés pour l’occasion, l’ont «brutalement et illégalement» expulsé du site. Le groupe conduit par ce haut fonctionnaire bien connu du public, a-t-il regretté, «ne se soumettait pas à la décision de justice rendue en ma faveur et décidait de ne pas reconnaitre mes droits commerciaux (Loi Ohada), de dissoudre unilatéralement l’association sportive Mindoubé-club et par la même, de rompre le bail emphytéotique qui l’a lié à l’État et d’installer deux autres exploitants à ma place».

Entre intimidations, mise en demeure de départ du site, disparition de dossiers dans certaines juridictions, «convocations pour des motifs farfelus par la police judiciaire, puis à Gros Bouquet et enfin à la Direction générale des recherches (DGR) suite à des plaintes formulés par le haut fonctionnaire du ministère des Sports», M. Valay s’est retrouvé dans l’impossibilité de faire exécuter la décision de justice rendue en sa faveur. Et ce, jusqu’alors.

Dans ce désordre et cet écheveau interminable, en 2015, il a saisi le Médiateur de la République, Laure Olga Gondjout. Au bout des enquêtes, l’ombudsman a également plaidé en faveur du Français, au point d’expédier un courrier au chef de l’État. Substantiellement, l’ancien Secrétaire général de la Présidence de la République laissait entendre que «Thierry Valay était propriétaire d’un fonds de commerce et exploitant légal d’un club sportif, de loisirs et équestre dit Mindoubé-club».

Épargner la faillite d’un projet de vie

Dans sa saisine, l’exploitant et propriétaire du fonds de commerce du Mindoubé-club souhaitait un accord entre les différentes parties du conflit qui les opposait depuis 2007. Le Médiateur, dans le texte adressé au chef de l’État, notait pour sa part avoir rendu une décision, conformément à ses prérogatives, s’appuyant sur les services du ministre des Sports de cette époque. «Cette décision avait pour finalité de trouver un arrangement à l’amiable qui préserverait les intérêts des trois parties. Ce consensus avait pu finalement être trouvé, en dépit de la décision de justice qui donnait raison à Thierry Valay», lit-on dans un courrier daté du 20 mars 2017.

«Cette décision ne fut, cette fois non plus, jamais appliquée. Monsieur Valay se trouve donc dans une situation financière plus que compromettante, alors que la justice l’a rétabli dans son droit», faisait remarquer le Médiateur de la République. Depuis lors, la situation n’a quasiment pas évolué. Beaucoup l’eau a coulé sous le pont. Les intimidations se sont poursuivies.

L’homme d’affaires, au bord de la faillite, s’est vu exproprier plus de 17 hectares de l’espace tant convoité, pourtant transformé aujourd’hui en champ de ruine. Des maisons y poussent autour des anciennes installations du club équestre, dans un désordre ahurissant. Le nouvel acquéreur s’adonnant visiblement à la spéculation foncière au détriment d’un projet ayant participé à l’épanouissement de plus d’un Gabonais.

Toute chose qui l’amène à se tourner vers le Premier ministre et vers le chef de l’État pour exposer cette affaire qui n’a que trop duré et qui lui aspire toute son énergie et dévoile, chaque jour un peu plus, les abus de pouvoir, les achats de conscience, l’application de la loi du plus fort au détriment des décisions de justice. Il s’en remet ainsi aux plus hautes autorités avec l’espoir d’un dénouement qui épargnera à lui et à sa famille la faillite d’un projet de vie.

«A l’heure où Emmanuel Macron est attendu en terre gabonaise, on ne manquera pas de le sensibiliser sur le sort réservé à un Français qui a cru en notre pays, qui y a investi, qui y a amené une expertise qui fait défaut chez nous et qui y a fondé une famille, qui comme dans tout pays, ses enfants et petits-enfants, Gabonais, devraient bénéficier du résultat du travail des parents», commente un haut cadre du ministère des Sports bien au fait du dossier.

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