Africa-Press – Gabon. Rumeurs, raccourcis et amalgames circulent autour de la présence de cadres gabonais des finances publiques en France. Les faits sont pourtant plus précis: un nombre limité de responsables du Trésor, des Impôts et d’autres régies financières suit actuellement des formations de haut niveau à Paris, dans un cadre strictement encadré, avec l’ambition de renforcer l’efficacité de l’administration financière de l’État.
Depuis le début de l’année en démarrage, plusieurs cadres gabonais issus des finances publiques suivent des formations de haut niveau en France, notamment à Paris. Contrairement à certaines affirmations circulant dans l’opinion, il ne s’agit ni d’un départ massif de l’ensemble du Trésor public, ni d’une mise en formation de tous les services des Impôts. Les informations disponibles indiquent clairement qu’il s’agit d’un contingent ciblé de cadres, sélectionnés au sein des différentes régies financières de l’État.
Une formation ciblée, loin des raccourcis
Début février 2026, environ une cinquantaine de cadres provenant du Trésor, des Impôts, des Douanes et d’autres régies financières participent à une formation organisée par l’IAE Paris-Sorbonne (école universitaire de management rattachée à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Cette formation s’adresse à des responsables déjà en poste, appelés à exercer des fonctions de pilotage, de coordination et de décision au sein de l’administration financière gabonaise.
L’objectif affiché de ce programme est d’améliorer la performance globale de l’administration des finances publiques. Il s’agit notamment de renforcer les capacités de gestion, d’organisation, de pilotage stratégique et de contrôle, dans un contexte où la maîtrise des ressources publiques est devenue un enjeu central pour l’État gabonais. La formation est structurée autour de deux groupes pilotes d’environ vingt-cinq cadres chacun, sur une période couvrant le premier semestre 2026. Elle combine des séminaires en présentiel à Paris et des sessions de suivi à distance, pour un volume total de douze jours de formation.
Les documents consultés indiquent une période générale, mais ne donnent pas le détail précis des dates de chaque regroupement, en dehors du lancement au mois de février. Cette absence de calendrier public détaillé n’est pas inhabituelle dans ce type de programme, mais elle limite la visibilité extérieure sur le déroulement exact des sessions.
Une charge financière largement externalisée
La question du coût de cette formation est l’un des points les plus fréquemment invoqués dans la controverse actuelle. Or, les éléments disponibles indiquent que la prise en charge financière est assurée quasi intégralement par la partie française, dans le cadre du partenariat mis en place.
Le budget de la formation couvre à la fois les enseignements, en présentiel comme à distance, l’accès aux outils pédagogiques, les évaluations et la certification, mais aussi les frais logistiques liés aux déplacements et au séjour à Paris, y compris les billets d’avion en classe économique, l’hébergement des participants et l’organisation de la cérémonie de graduation. Dans ces conditions, l’impact sur les finances publiques gabonaises apparaît très limité, voire marginal. Présenter cette formation comme une charge pesant sur le budget national, ou comme une alternative au financement de secteurs essentiels tels que l’école publique, procède davantage d’un raccourci trompeur que d’une analyse rigoureuse des faits.
Une coopération plus large entre le Gabon et la France
Cette initiative ne constitue pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans un cadre plus large de coopération entre le Gabon et la France en matière de finances publiques. Un accord bilatéral signé le 31 mai 2024 prévoit déjà la formation des inspecteurs centraux du Trésor gabonais au sein de l’École nationale des finances publiques. Les autorités parlent, à ce sujet, de formations organisées de manière régulière, avec des bénéficiaires renouvelés chaque année, sans toutefois publier de programmation détaillée par session.
En définitive, les éléments disponibles permettent d’établir trois faits clairs. Des cadres gabonais des régies financières sont bien en formation en France en ce moment. Cette formation concerne un nombre limité de responsables, et non l’ensemble des agents du Trésor ou des Impôts. Enfin, ces dispositifs s’inscrivent dans une stratégie de renforcement des compétences de l’administration financière, dont l’efficacité réelle dépendra, à terme, de la capacité à traduire ces apprentissages en réformes concrètes et durables au sein des services publics gabonais.





