Africa-Press – Gabon. A la faveur d’une conférence de presse tenue le 31 janvier 2026 au siège d’Alogis à Libreville, Maître Marlène Fabienne Essola Efountame, conseil juridique des sociétés Satram, EGCA et Alogis, a fustigé les agissements des syndics désignés dans le cadre de la liquidation judiciaire ordonnée par la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) en 2024. L’auxiliaire de justice accuse ces derniers de violer leurs obligations légales et d’organiser sciemment la spoliation des actifs du groupe, menaçant ainsi la survie d’un «fleuron national» et les droits de plus de 1 000 Gabonais. Entre soupçons de collusion avec des intérêts étrangers et non-respect de l’autorité de la chose jugée, le conseil juridique plaide pour le sauvetage d’un patrimoine économique national.
L’affaire Satram-EGCA-Alogis prend une tournure dramatique. Alors que ces entreprises luttent pour leur survie à travers des procédures de redressement, le conseil juridique des trois entités, Maître Marlène Fabienne Essola Efountame, a brisé le silence au siège d’Alogis. Son constat est sans appel: une dérive procédurale orchestrée par les syndics désignés menace de balayer des années d’efforts de restructuration en tentant d’exécuter une décision de justice «inexécutable» car frappée de recours suspensifs. «Ce ne sont pas de beaux discours qui font l’État de droit», a martelé Maître Essola Efountame.
La CCJA d’Abidjan a prononcé en 2024 la liquidation de Satram et EGCA. Mais un recours en révision et un sursis à exécution ont été déposés. «En vertu de l’article 14 du traité OHADA, ces recours ont un effet suspensif», précise le conseil juridique des entreprises.
Un concordat ignoré et Alogis visée illégalement
L’aspect le plus critique de cette affaire concerne Alogis. Créée en septembre 2021 via un concordat homologué par le tribunal de Port-Gentil, Alogis est une société autonome possédant sa propre personnalité juridique. Plus crucial encore, Satram et EGCA n’y détiennent qu’une participation minoritaire de 36 %.
Le conseil juridique insiste sur un point central: la décision de la CCJA ne mentionne nullement Alogis. Pourtant, les syndics tenteraient de s’accaparer ses actifs et de s’immiscer dans sa gestion sans mandat. «Les syndics n’ont aucun droit de gestion sur Alogis», souligne Maître Essola Efountame, rappelant que cette entité a été conçue comme la solution de redressement du groupe.
Des manquements graves et des soupçons de collusion
Le réquisitoire contre les syndics est lourd. Maître Essola Efountame énumère une série de manquements: violation de l’obligation de neutralité, tentatives d’exécution de décisions non exécutoires, et même le dépôt de plaintes pénales infondées contre les dirigeants d’Alogis. Plus troublant encore, elle dénonce des démarches directes auprès des partenaires commerciaux, comme Comilog, pour proposer des substitutions de prestataires au profit d’intérêts obscurs.
L’ombre de la complicité avec des entreprises étrangères plane sur ces manœuvres. Pour le conseil juridique, il ne s’agit pas de droit, mais d’une tentative de prédation visant à s’emparer des marchés et des actifs d’un fleuron national.
«Je ne sais pas si on est dans un État qui se veut de droit», s’indigne-t-elle. Un communiqué publié dans le quotidien L’Union aurait affirmé que les biens d’Alogis appartenaient aux syndics. «C’est un mensonge irresponsable qui porte atteinte à l’image de marque d’Alogis», dénonce le conseil. «On n’est pas si naïfs. Peut-être que la première approche n’a pas fonctionné, alors on va voir les syndics», laisse-t-elle entendre. La responsabilité personnelle des syndics, rappelle-t-elle, peut être engagée «civilement et pénalement».
Un patrimoine national menacé
L’enjeu dépasse désormais le cadre strictement commercial. C’est la crédibilité de l’environnement des affaires au Gabon qui est en jeu. En appelant au respect strict des procédures légales, Maître Essola Efountame ne défend pas seulement des entreprises en difficulté, mais un principe de souveraineté économique. Alors que le redressement d’Alogis constituait un espoir pour les employés et l’économie locale, la bataille pour sa survie face à une «liquidation sauvage» est loin d’être terminée.
Au-delà du juridique, c’est la survie d’un patrimoine qui est en jeu. «Satram et EGCA ont un passif de plusieurs milliards. Mais leur expertise et leur dignité envers leurs employés ne sauraient se mesurer à quelques milliards», plaide-t-elle, évoquant plus de 1 000 Gabonais en attente de recouvrer leurs droits.
Une demande de remplacement des syndics a été introduite devant les juridictions compétentes. Le groupe appelle également ses partenaires à ignorer les sollicitations des syndics concernant Alogis. Le combat juridique continue.





