Interdiction Du Poulet Importé: État Des Lieux D’une Réforme

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Interdiction Du Poulet Importé: État Des Lieux D'une Réforme
Interdiction Du Poulet Importé: État Des Lieux D'une Réforme

Africa-Press – Gabon. À moins de deux ans de l’entrée en vigueur de l’interdiction d’importation du poulet de chair, prévue pour le 1er janvier 2027, le gouvernement s’est réuni vendredi 30 janvier, pour un point d’étape concernant l’avancement de ce projet dédié à l’organisation globale de la filière avicole nationale et à l’autosuffisance du pays en viande de volaille.

Une réunion interministérielle présidée, vendredi dernier, par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, s’est tenue dans le cadre du suivi des engagements pris par le gouvernement, conformément à la vision présidentielle de souveraineté alimentaire et économique. Pour y parvenir, l’État prévoit notamment l’approvisionnement de la filière en près de 70 000 tonnes de maïs et de soja par an, en combinant production nationale et importations ciblées, tout en levant les contraintes liées au foncier, aux intrants, à la transformation, à l’énergie, à la santé animale et à la distribution.

Ouvrant les travaux, M. Immongault a rappelé que l’objectif principal de cette réunion était d’évaluer précisément l’état d’avancement de la mesure, d’identifier les éventuels goulots d’étranglement et de s’assurer du respect strict du calendrier fixé par le chef de l’État. «L’objectif de la réunion de ce jour est de faire un point de situation sur l’état d’avancement de cette importante mesure. L’enjeu qui est le nôtre est la reconquête de notre souveraineté alimentaire, en droite ligne avec la vision du chef de l’État, au même titre que la reconquête de notre souveraineté économique», a-t-il indiqué. Il a également insisté sur la portée stratégique de cette réforme, soulignant qu’il s’agissait non seulement d’apprécier les avancées enregistrées, mais aussi de lever les hésitations, traiter les angles morts et corriger les blocages afin de respecter le chronogramme arrêté par le président de la République.

Le ministère de l’Agriculture au cœur de la vision

Le ministre de l’Agriculture a présenté une vision intégrée de la filière avicole, articulée autour de l’ensemble de la chaîne de valeur: foncier, intrants, production, transformation, distribution, financement et encadrement réglementaire. Dans le même sens, il a indiqué que si les politiques publiques s’étaient jusque-là principalement concentrées sur la production, la réussite de l’interdiction d’importation repose également sur une articulation fluide entre tous les maillons, du producteur au consommateur final.

Sur le plan foncier, les sites destinés aux fermes agricoles intégrées, initiées par Oligui Nguema, sont déjà identifiés. Les travaux se poursuivent pour leur sécurisation juridique, tandis qu’un appel à partenariats public-privé est en préparation afin d’attirer des investisseurs nationaux et internationaux. Par ailleurs, quinze pôles agricoles prioritaires sont actuellement à l’étude.

70 000 tonnes de maïs et de soja estimées pour l’alimentation animale

Concernant l’alimentation animale, le gouvernement a retenu une approche combinant production locale et importations ciblées. Les besoins annuels de la filière sont donc estimés à environ 70 000 tonnes de maïs et de soja, avec un appui envisagé de la centrale d’achat pour la gestion des volumes importés.

Du côté de la transformation, la capacité actuelle des abattoirs demeure insuffisante pour absorber les volumes projetés. Des solutions d’urgence sont à l’étude, parallèlement à une stratégie de moyen et long terme intégrant des infrastructures autonomes en énergie et en eau, notamment grâce au solaire et aux forages.

Les producteurs nationaux, aujourd’hui essentiellement positionnés sur des marchés de niche, devront monter en puissance afin d’accéder aux grandes surfaces, à la restauration collective et aux circuits de distribution structurés. Des discussions sont en cours avec les acteurs du secteur pour faciliter cette transition.

Une mobilisation interministérielle renforcée

Les autres départements ministériels ont tour à tour présenté leurs contributions au projet. Le ministère en charge de l’Énergie a insisté sur la nécessité d’une cartographie précise des fermes, afin d’adapter les solutions énergétiques aux réalités du terrain. Le ministère de la Santé a annoncé la réhabilitation progressive des laboratoires de contrôle sanitaire entre mars et juillet, ainsi que le renforcement de la surveillance des maladies aviaires. Cependant, un accent particulier a également été mis sur la lutte contre la contrebande et le renforcement des contrôles aux frontières, jugés essentiels pour garantir l’efficacité de l’interdiction à venir.

Au terme des échanges, Herman Immongault a confirmé le ministère de l’Agriculture comme chef de file du projet et a demandé à chaque département de produire un plan sectoriel, intégré dans un programme unifié. La priorité a donc été donnée aux actions d’urgence, sans attendre la mobilisation de financements lourds. Ainsi, selon le Vice-président du gouvernement, la réussite de cette réforme repose sur la discipline collective, la coordination interministérielle et le respect strict des délais, un appel à l’ensemble du gouvernement pour une mobilisation autour de cet objectif de souveraineté alimentaire a été nécessaire.

Thécia Nyomba

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