Redevance sur Données Personnelles: 1 000 FCFA de Plus

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Redevance sur Données Personnelles: 1 000 FCFA de Plus
Redevance sur Données Personnelles: 1 000 FCFA de Plus

Africa-Press – Gabon. Alors que les ménages gabonais sont déjà étranglés par l’inflation, la vie chère, la nouvelle taxe foncière sur les habitations (TFH) et le doublement de la part salariale de cotisation retraite passée de 2,5% à 5%, la redevance pour la protection des données à caractère personnel et de la vie privée (RPPVP) de 1 000 FCFA par an et par personne soulève de sérieuses interrogations. Entre opacité dans l’affectation des fonds, absence de plan national de cybersécurité détaillé et multiplication des prélèvements obligatoires, cette taxe cristallise les inquiétudes sur l’érosion continue du revenu disponible des Gabonais.

Le contexte économique gabonais actuel ne laisse que peu de répit aux portefeuilles des ménages. Entre une inflation persistante et la multiplication des charges fiscales, la redevance pour la protection des données à caractère personnel (RPPVP) ajoute une pression supplémentaire sur les ménages. Fixée à 1 000 FCFA par an et par personne dont les données sont collectées, cette taxe, introduite en 2020 et confirmée par la loi de finances 2026, vise à financer la Commission nationale pour la protection des données à caractère personnel (CNPDCP).

La RPPVP touche principalement les clients des banques, des institutions de microfinance et des opérateurs de télécommunications. En pratique ce sont les responsables de ces structures de traitement qui ont l’obligation légale de collecter cette redevance et de la reverser à la CNPDCP, sous peine de sanctions fiscales et pénales. Aucune exonération n’est possible.

Pour un ménage possédant plusieurs comptes bancaires et abonnements téléphoniques, le montant cumulé s’ajoute à une liste déjà longue de charges. Cette taxation intervient au moment où les Gabonais font face à une cascade de nouvelles ponctions: la TFH et surtout le doublement de la part salariale de cotisation retraite, passée de 2,5% à 5% pour certaines branches.

Des recettes importantes, une transparence défaillante

Si la somme de 1 000 FCFA peut paraître modique à l’échelle individuelle, le calcul global change la donne: avec environ 1 million de personnes bancarisées ou utilisatrices de services télécoms actifs, le Trésor pourrait capter près d’un milliard de FCFA chaque année pour la CNPDCP. Un montant conséquent qui soulève des questions légitimes sur l’affectation réelle de ces fonds et l’efficacité de leur utilisation.

À ce jour, aucun plan national détaillé de cybersécurité n’a été rendu public, permettant aux citoyens de mesurer le retour sur investissement. Les rapports d’activité de la CNPDCP restent peu accessibles, et la traçabilité des dépenses demeure floue. Cette opacité contraste avec les exigences de transparence que devrait incarner une institution chargée de protéger les données personnelles.

Une fiscalité à bout de souffle?

La multiplication des taxes pose la question de la soutenabilité du modèle fiscal gabonais. Inflation, vie chère, contribution électricité, TFH, doublement des cotisations retraite, redevance sur les données…: le revenu disponible des ménages fond comme neige au soleil. Pour les salariés du secteur formel, chaque nouvelle ponction réduit la capacité de consommation et d’épargne.

Cette pression fiscale intervient alors que le pouvoir d’achat est déjà sérieusement entamé. Le panier de la ménagère s’alourdit tandis que les revenus stagnent. L’addition de ces taxes, bien que justifiées individuellement par des objectifs louables amélioration du cadre de vie, protection sociale, cybersécurité, équité fiscale, produit un effet cumulatif éprouvant pour les classes moyennes et populaires.

Les pouvoirs publics gagneraient à réfléchir à une pause fiscale ou à une meilleure articulation des prélèvements pour éviter l’asphyxie des contribuables. Au-delà des montants unitaires, c’est l’accumulation des charges qui pose problème et menace la cohésion sociale dans un pays déjà fragilisé économiquement.

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