«Un Gabonais sur 3 est considéré comme pauvre», rapporte le Représentant résident du FMI

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«Un Gabonais sur 3 est considéré comme pauvre», rapporte le Représentant résident du FMI
«Un Gabonais sur 3 est considéré comme pauvre», rapporte le Représentant résident du FMI

Africa-Press – Gabon. Le Représentant résident du Fonds monétaire international (FMI), Gomez Agou, s’est exprimé lundi 10 juin sur des questions inhérentes au Rapport de la consultation du FMI au titre de l’Article IV avec le Gabon. Face aux incompréhensions et interprétations parfois erronées des données de ce rapport publié pour le moment en langue anglaise, il a apporté des éclaircissements sur les points tels que l’endettement du Gabon et le taux de chômage dans le pays. Il propose des solutions aux autorités de la transition pour faire face aux défis, d’autant plus que les perspectives économiques et sociales pourraient être déstabilisées.

Dans le tumulte des dernières actualités relatives aux très forts taux d’endettement du Gabon, le Représentant résident du Fonds monétaire international (FMI), Gomez Agou, a animé lundi une conférence de presse à Libreville. Objectif: éclaircir les zones d’ombre sur les conclusions du Rapport de la consultation au titre de l’Article IV avec le Gabon. Toute chose lui ayant permis de faire le diagnostic des évolutions dans le pays, de relever les priorités et d’indiquer les mesures ou conseils à mettre en œuvre par les nouvelles autorités pour relever le développement économique et social.

«Un Gabonais sur 3, aujourd’hui, est considéré comme pauvre»

Le 24 mai dernier, le Conseil d’administration du FMI a achevé ses consultations de 2024 au titre de cet Article IV avec le Gabon. Plusieurs points ont été relevés et présentent des perspectives économiques du pays qui contrastent quelques fois avec les données optimistes du département en charge de l’Économie et des Participations et même des nouvelles autorités du pays.

Pour le diagnostic, Gomez Agou fait savoir que «sur les dernières décennies, le Gabon a connu très peu de progrès en matière économique et sociale». Il relève que les «nouvelles autorités ont hérité d’une situation sociale et économique extrêmement difficile». À titre d’illustration, le représentant de l’institution au Gabon indique qu’en 1990, si un Gabonais moyen gagnait 100.000 francs CFA, il gagne aujourd’hui 80.000 francs CFA. «Vous prenez un habitant moyen dans les autres pays d’Afrique subsaharienne qui gagnait en 1990 100.000 FCFA, il gagne aujourd’hui 130.000 FCFA», a-t-il démontré avant d’ajouter: «si vous prenez un habitant dans les pays qui sont du même niveau de revenus que le Gabon, parce que le Gabon est un pays à revenu intermédiaire, s’il gagnait 100.000 FCFA en 1990, aujourd’hui, il gagne 285.000 FCFA».

Pour lui donc «il y a eu au Gabon, un recul du niveau de revenu de la population». Un recul du niveau de revenu qui s’accompagne malheureusement d’un accroissement du chômage. Sur ce point, selon les chiffres partagés par le gouvernement avec le FMI, il est à environ 36% et encore plus important chez les jeunes. Soit environ 40%. Tout cela fait le lit à la pauvreté dans le pays. Gomez Agou souligne dans ce sens qu’un Gabonais sur 3, aujourd’hui, est considéré comme pauvre. «C’est ce legs que les autorités de la Transition, de puis le 30 août 2023, ont hérité de la gestion passée», a déclaré le Représentant résident du Fonds monétaire international.

«Publier tous les contrats de pétrole et de mines»

La situation s’est en effet dégradée du fait du manque de transparence, de la mauvaise gestion des ressources minières et pétrolier, et ce, pendant des décennies et «un endettement très rapide». Ce qui n’a pas permis les progrès significatifs attendus pour un pays disposant de telles richesses.

À partir de ce moment, la situation exige de s’attaquer aux priorités. Gomez Agou recommande alors de revenir à la transparence, de revoir le niveau d’endettement du pays et de diversifier l’économie.

Le FMI encourage de ce fait les autorités de la Transition qui ont déjà posé des actes allant dans le sens de la transparence. Il cite le partage, avec le FMI, des données budgétaires et les données de la dette qui n’avaient pas été rendues disponibles avant la période du 30 août 2023. Pour lui, «ces données budgétaires et de dette qui n’ont pas été soumises au FMI avant le 30 août ont permis d’avoir une situation plus exhaustive de la situation d’endettement du pays».

Il fait également remarquer que dès leur entame, les autorités ont engagé le processus d’unification des comptes du Trésor afin de l’intégrer dans le Compte unique du Trésor. Mais beaucoup reste à faire. D’où les encouragements dans le sens de la transparence, tout en invitant les autorités à publier tous les contrats de pétrole et de mines, à faire l’audit du secteur pétrolier et à examiner la gestion de l’ensemble des entreprises publiques du pays.

La dette s’est accélérée avant le 30 août 2023

Sur la situation d’endettement du pays, a-t-il révélé, «étant donné que les autorités ont volontairement mis à notre disposition l’ensemble des données concernant l’exécution budgétaire de 2022 et de 2023, cela nous a permis de faire un état exhaustif de l’ensemble de la dette publique du pays». Rappelant qu’elle est l’ensemble des engagements financiers d’un État, sur la base des «véritables données partagées par les autorités», elle se situe à 70,5% du Produit intérieur brut, en 2023.

«Ce sont des chiffres d’une gestion de 2022 et 2023», a fait savoir le représentant résident. Selon le FMI, la dette s’est accélérée sur cette période avant le 30 août parce que, explique-t-il, «il y avait un contexte électoral».

«Cette dette se chiffrant à 70,5% du PIB est au-dessus du niveau communautaire de la Cemac -Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale-» et la priorité, suggère Gomez Agou, est de la ramener à des niveaux qui soient raisonnables.

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