Africa-Press – Gabon. Le Professeur Albert Ondo Ossa, ancien candidat aux élections présidentielles gabonaises de 2009 et 2023, a livré une analyse sans concession de la gouvernance actuelle du Gabon lors de son interview à la Nouvelle Chaîne Africaine (NCA), le 24 février dernier. Installé à Paris, il suit de près les affaires du pays et dénonce un régime «illégitime» dirigé par Brice Clotaire Oligui Nguema, qu’il qualifie de «putschiste en chef» et de «pouvoir dictatorial». Pour lui, le Gabon est passé «d’un état relativement démocratique à moins démocratique que sous les Bongo» en moins d’un an.
Sur la Nouvelle chaîne africaine (NCA), invité de l’émission «Notre invité», le 24 février dernier, le Professeur Albert Ondo Ossa, ancien candidat aux élections présidentielles gabonaises de 2009 et 2023, qui persiste dans la revendication de sa victoire à la présidentielle de 2023, a abondamment commenté l’actualité nationale. Il a abordé avec le présentateur, Richard Togbé, la gestion du pouvoir actuel qu’il a vivement critiqué et dénoncé.
Concentration des pouvoirs, des révélations potentielles…
Alors que la Haute Autorité de la Communication (HAC) a décidé, le 18 février dernier, de suspendre Facebook et TikTok, le Pr Ondo Ossa évoque «une dérive dictatoriale», car, estime-t-il, cette décision étant sous l’autorité directe d’Oligui Nguema. «C’est un pouvoir dictatorial par une Constitution illégale», a-t-il affirmé, arguant que cette Constitution repose sur un référendum frauduleux, sans majorité qualifiée, n’ayant même pas atteint 51% de «oui». «Comment les réseaux sociaux peuvent-ils porter atteinte à la sécurité d’un pays? C’est le pouvoir lui-même qui se sent menacé» par des révélations potentielles, a-t-il indiqué sur ce point.
Le professeur a en outre ciblé ce qui peut-être d’extrême centralisation du pouvoir entre les mains du président Oligui Nguema, qui est à la fois «président, premier ministre, ministre, et cetera». Toute chose qui, pour lui, transforme la République en «royauté». «Il a concentré tous les pouvoirs», a-t-il dénoncé, soulignant que le président nomme parlementaires et responsables électoraux, rendant les institutions «à sa solde». Il a, de même, comme à son habitude, contesté la nature du coup d’État de 2023, le qualifiant d’«entente familiale» avec les Bongo, dont Oligui est cousin, et non une révolution populaire. «Il n’y a jamais eu de coup d’État. C’est une imposture perpétuelle, un mensonge institutionnalisé», a-t-il déclaré sur les antennes de la NCA.
«Le droit prévaudra nécessairement»
Rappelant sa vision pour le Gabon – redonner «sa dignité» au peuple via une vraie démocratie, «l’homme qu’il faut à la place qu’il faut» et la valorisation du travail –, Albert Ondo Ossa a déploré que rien n’ait changé. Il a évoqué l’absence d’eau et d’électricité malgré les richesses du pays. Il a critiqué l’absence de décentralisation et de démocratie participative, regrettant que les élus locaux n’aient aucun pouvoir face à «un régime clanique sans plan national». «Il n’a pas un plan pour le pays, il a le plan pour son clan, pour sa famille, pour préserver les acquis du pouvoir Bongo», a martelé l’universitaire.
Bien que contraint à l’exil, Ondo Ossa reste inflexible sur le «retour à l’ordre constitutionnel», affirmant que «le droit n’a pas de temps, il n’y a pas de limite» et que «le droit prévaudra nécessairement». Il combat pour la reconnaissance de sa victoire électorale, soutenue par «la majorité des Gabonais», et prédit la chute de l’actuel chef de l’État, coupable selon lui de plusieurs maux.





