«Awu m’awu : oser l’espérance pour un autre Gabon» : Bilie-By-Nze livre sa nouvelle part de vérité

21
«Awu m’awu : oser l’espérance pour un autre Gabon» : Bilie-By-Nze livre sa nouvelle part de vérité
«Awu m’awu : oser l’espérance pour un autre Gabon» : Bilie-By-Nze livre sa nouvelle part de vérité

Africa-Press – Gabon. Un an après le renversement du régime d’Ali Bongo et l’éviction du gouvernement dont il avait la charge, l’ancien Premier ministre a mis en librairie son deuxième ouvrage. Comme un témoignage, mais aussi un programme politique complet, le livre «Awu m’awu: oser l’espérance pour un autre Gabon», publié aux éditions Africapresse à Paris, dans la collection «Leaders d’Afrique», est «la part de vérité» de l’ex-locataire du 2-Décembre. «C’est une vie, une histoire», a-t-il expliqué lundi 16 septembre lors de la présentation officielle de ce livre qui fait abondamment couler encre et salive. Notes de présentation.

Ce sera certainement le livre de cette fin d’année au Gabon. «Awu m’awu: oser l’espérance pour un autre Gabon». Tel est le titre de l’ouvrage que vient de mettre en librairie le dernier Premier ministre d’Ali Bongo. Locataire de l’immeuble du 2-Décembre pendant un peu plus de 7 mois, Alain-Claude Bilie-By-Nze qui a totalisé un peu plus de 3000 jours au gouvernement sait des choses et à tenu à révéler quelques-unes et à les léguer à la postérité. Dans ce livre, subdivisé en 4 parties et plus d’une trentaine de chapitres, qu’il présente comme «une vie, une histoire», il revient sur les années Ali Bongo au pouvoir, l’évolution du pays, mais surtout critique véhément l’Exécutif actuel et propose des pistes de solutions. Pour lui, «lorsqu’il y a des militaires au pouvoir, qui sont nommés à des postes civiles, on parle d’occupation». «La vérité, c’est la vérité», a-t-il clamé, le 16 septembre, lors de la présentation du texte.

«J’étais là, j’ai vu comment on a trompé le chef de l’État»,

Visiblement Alain-Claude Bilie-By-Nze a voulu répondre aux attaques dont il fait l’objet depuis la chute du régime, mais encore plus depuis ses prises de parole contre l’actuel régime de Libreville. La meilleure façon pour lui a été ce livre-programme dont la traduction littérale du titre est «la mort que je meurs». Entendre « Ce pourquoi je meurs » ou « Ce qui me condamne (à tort) » Face au public venu nombreux, l’ancien chef du gouvernement rappelle avec force et détails que «les faits sont les faits». «Le 30 août 2023, il y a eu un coup d’État au Gabon, même si on lui attribue le surnom qu’on veut et même s’il n’y a pas eu de sang versé…c’est un renversement des institutions par la force, par la force militaire». «Il n’y a pas une libération avec les militaires au pouvoir», a-t-il dit. Son texte entend apporter sa «part de vérité», éclairer l’opinion sur ce qu’ont été les 14 années de règne de l’ancien président.

Autrement dit, le natif de Ntang Louli apporte des arguments et contre-arguments à tout ce qui se dit sur la gestion du pouvoir au Gabon pendant les 14 dernières années. «Personne ne pourra m’empêcher de dire ce que je suis et ce que j’ai été», a-t-il fait savoir, soulignant le fait que cet ouvrage vient «rappeler» le combat politique qu’il mène, voire «le supplice» qu’il endure.

Alain-Claude Bilie-By-Nze estime qu’il n’est plus question de parler des personnes, mais de se poser les questions essentielles. Il faut que «nous sortions de ‘’il n’a pas droit à la parole’’» et il faut se poser les bonnes questions. «La question c’est qu’a-t-il fait des ressources mises à sa disposition ?». Disant être prêt à répondre de sa gestion si ce type d’interrogations se posait, il a insisté sur le fait que «la République a été sabotée». «Il y en a qui se targuaient d’être plus puissants que le Premier ministre», a-t-il regretté, non sans invoquer l’«hypertrophie du cabinet du président de la République». L’ancien Premier ministre suggère d’équilibrer «les pouvoirs», revenant sur les cas des directeurs de cabinet du président de la République, très puissants, mais également sur l’Association des jeunes volontaires émergents (Ajev), sur la «Young team» et sur la «Légion étrangère» qui ont davantage contribué à enfoncer le pays. Pour ce dernier groupe, rappelle-t-il, s’il a pu commettre autant d’impairs, c’était bien avec la bénédiction des Gabonais. «J’étais là, j’ai vu comment on a trompé le chef de l’État», a-t-il déclaré.

«Jamais on ne parle de corruption dans ce pays»

Dans son livre, il évoque également la question de la corruption qui parait tabou à certains égards dans le pays. «Jamais on ne parle de corruption dans ce pays», a-t-il fait remarquer ; ajoutant que «le CTRI-Comité pour la transition et la restauration des institutions- et la Young team, c’est la même chose».

M. Bilie-By-Nze reconnaît également qu’il y a eu des erreurs dans la gestion et fait savoir qu’il aurait pu démissionner. Sauf que cette approche aurait constitué pour lui, «une force d’abandon». Ce, d’autant plus qu’il fallait être dans le cercle de décisions pour pouvoir mieux dénoncer les dérives. Et il assure l’avoir fait autant que faire ce peu.

«Awu m’awu: oser l’espérance pour un autre Gabon» aborde également les recommandations du Dialogue national inclusif (DNI) déjà répertoriées dans le projet de Constitution en examen au Parlement organisé en Assemblée constituante. Très acerbe sur ce qui découle de cette mouture, il fait remarquer que «le DNI porte les germes de l’exclusion». Pour le fils de Makokou, «on construit un pays en incluant et non en excluant». Il évoque en cela les exclusions des personnes de 70 ans à la course à la présidence, le débat sur la nationalité et souligne que la Constitution en cours d’examen à la Constituante est «mortifère».

«Respectez vos paroles ! Rendez le pouvoir aux civils ! Ne devenez pas civil»

S’il fait des propositions dans son ouvrage, c’est que l’ancien patron de l’administration gabonaise estime qu’«il y a un projet collectif à bâtir». Il propose donc «une société de confiance», «une société d’intégrité». «J’appelle aussi à mettre en place un système de solidarité et de dignité. L’intégrité doit exister», a-t-il lancé, fustigeant le fait qu’«on ne peut pas continuer comme ça». «On ne peut pas dire qu’on va gérer différemment ou autrement, et puis on est dans les avions», a-t-il dénoncé, s’inscrivant assurément dans le grand rôle d’opposant.

En conclusion de son livre, Alain-Claude Bilie-By-Nze s’adresse ouvertement à l’actuel occupant du palais du bord de mer. S’il lui rappelle que «le projet de Constitution est liberticide… néfaste pour le pays… mortifère et ruine nos accords internationaux», il fait de même savoir que «l’espoir n’est pas perdu» et que «l’avenir s’écrit au présent».

Occasion pour l’auteur de dire à l’actuel président de la République qu’«un militaire est un homme d’honneur». «Respectez vos paroles ! Rendez le pouvoir aux civiles ! Ne devenez pas civil», a-t-il prescrit à Oligui Nguema dont il n’a nullement prononcé le nom.

À travers ce livre qu’il présente aussi comme «l’histoire de son parcours», il appelle à créer la «Marque Gabon». Mais cela passe d’abord par le «Non» lors du prochain référendum constitutionnel. La première bataille est que «le Non» doit l’emporter», a-t-il indiqué.

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Gabon, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here