Africa-Press – Gabon. Un groupe composé de cinq organisations non gouvernementales et d’associations civiles au Gabon a dénoncé l’augmentation des piratages de comptes WhatsApp et Facebook, considérant que la poursuite de l’interdiction des réseaux sociaux, imposée depuis février dernier, a contribué à l’aggravation de ce phénomène, lors d’une conférence de presse tenue dans la capitale Libreville.
La décision de suspendre l’accès aux plateformes de réseaux sociaux est toujours en vigueur depuis cinq mois, poussant les citoyens à utiliser des réseaux privés virtuels (VPN) pour accéder à des applications telles que Facebook, WhatsApp, YouTube et d’autres plateformes, alors que les plaintes des utilisateurs concernant les cyberattaques visant leurs comptes se multiplient.
Parmi les victimes, Peter Manfoumbi, un proche d’un responsable gabonais de haut niveau, a révélé que son compte sur l’application WhatsApp avait été piraté la semaine dernière, et que le pirate avait réussi à prendre le contrôle du groupe qu’il gérait, avant de commencer à envoyer des messages à ses contacts contenant des menaces de mort à quiconque s’opposait à lui ou lui répondait de manière négative.
L’alliance des associations a confirmé que les piratages touchent différentes couches de la société, attribuant la cause principale à la dépendance accrue aux services de réseaux privés virtuels pour contourner les restrictions imposées sur les réseaux sociaux.
Le porte-parole du groupe, Patrice Terence Mizui, a déclaré que les numéros utilisés pour effectuer les piratages ne sont pas gabonais, précisant qu’ils commencent par des indicatifs internationaux tels que +580 et **+600**, ce qui indique, selon lui, que les pirates utilisent des numéros étrangers pour compromettre les comptes des utilisateurs.
Mizui a indiqué que le groupe avait pris plusieurs mesures juridiques pour faire face à ce phénomène, mais qu’aucun résultat n’avait été obtenu jusqu’à présent, précisant qu’il s’était d’abord tourné vers la cour constitutionnelle qui a déclaré son incompétence en considérant que l’affaire avait un caractère administratif, puis vers le tribunal de première instance qui a rendu la même décision, avant de se tourner vers le Conseil d’État dont il attend toujours la décision.
Les associations ont demandé à la fin de leur conférence la levée immédiate de l’interdiction des réseaux sociaux, affirmant que la poursuite de cette mesure cause de grands préjudices aux citoyens et augmente leur exposition aux risques de piratage et de cybercriminalité.





