Nkoulou Loue Oligui, Tance Bilie-By-Nze

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Nkoulou Loue Oligui, Tance Bilie-By-Nze
Nkoulou Loue Oligui, Tance Bilie-By-Nze

Africa-Press – Gabon. Le président du Bloc démocratique populaire (BDP), Paskhal Nkoulou, a lancé, le vendredi 20 février, la rentrée politique de son parti lors d’une conférence de presse à Libreville. Cette première activité publique depuis la transition post-coup d’État du 30 août 2023 visait à tracer les priorités pour 2026 et à décrypter l’actualité nationale.

Pendant plus d’une trentaine de minutes, le président du Bloc démocratique populaire (BDP), Paskhal Nkoulou, qui réunissait, le 20 février, les journalistes pour la rentrée de son écurie politique, a présenté les points saillants des actions à venir, commenté l’actualité nationale en particulier les faits et gestes du président Oligui Nguema et de son gouvernement, mais aussi de l’ancien Premier ministre et président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze. S’il a été laudatif à souhait pour le chef de l’Etat, pour le dernier chef du gouvernement d’Ali Bongo, le leader du PDG a quasi-reposé tous les maux qui minent le pays sur la tête de ce dernier, avant de soutenir la suspension des réseaux sociaux qui fait actuellement couler encre et salive.

Bilan positif de la transition, lecture de l’actualité entre éloges et critiques

D’entrée, Paskhal Nkoulou a salué la réussite de la séquence transitoire orchestrée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema à la suite du coup d’Etat d’août 2023. «Le pari était risqué, mais force est de reconnaître que le président de la République a réussi la séquence transitionnelle», a-t-il déclaré. Notant l’absence de retards dans la mise en place du Dialogue national, du référendum constitutionnel, de l’élection présidentielle et des scrutins législatifs et sénatoriaux, il a vanté une «gouvernance inclusive» et une «synergie patriotique» impliquant toutes les forces vives de nation. Ce qui, pour lui, transforme «l’angoisse de départ en une confiante espérance».

Le président du BDP a, dans ce contexte d’analyse de l’actualité nationale, distribué des bons points au président Oligui Nguema pour sa gestion des revendications sociales, comme les grèves dans l’éducation et les administrations publiques. «L’ensemble des agents publics ont sollicité rencontrer le président de la République», a-t-il fait remarquer, non sans y voir un signe de confiance dans une gouvernance «portée sur l’écoute». Il a plaidé pour une «indulgence contrôlée» au gouvernement, tout en indiquant que «l’éléphant ne pourrit pas en une nuit» et félicitant la suppression des irrégularités administratives.

En revanche, il a sévèrement tancé l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze pour son «agitation sans projet» et sa «rhétorique d’invective». «On ne peut pas vouloir taire des bilans catastrophiques par un usage excessif des verbiages malicieux», a lancé Paskhal Nkoulou, accusant l’ex-Premier ministre d’avoir défendu des politiques menant à «l’asphyxie sociale» et de tenter un «effacement complet de sa responsabilité» via les réseaux sociaux.

Soutien à la suspension des réseaux sociaux

Sur la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de suspendre provisoirement les réseaux sociaux, M. Nkoulou a apporté un appui ferme. «Toutes les libertés sont normées», a-t-il précisé, citant des exemples comme la France qui interdira les téléphones en classe ou les Émirats arabes unis qui contrôlent strictement ces plateformes. Il a dénoncé les «injures, les menaces» et les «comportements indécents» qui incitent à la violence, de même qu’il a quasi-plaidé pour une suspension minimale de trois mois afin de pousser les usagers des réseaux sociaux vers les médias traditionnels et de réguler les dérives.

Perspectives optimistes et priorités pour 2026

Malgré le fait qu’il y a de nombreux défis à relever, Paskhal Nkoulou reste confiant. «Demain sera meilleur qu’aujourd’hui». Il a appelé à la sérénité face à ce qu’il considère comme tentatives d’instabilité et à la réussite de la Ve République. Il a par ailleurs vivement en critiqué les appels à des «états généraux» lancé par l’ancien Premier ministre et y entrevoir une «stratégie de survie politique» sans vision. Le BDP entend, selon lui, incarner une politique éthique, au service d’un «Gabon nouveau» souverain et juste.

Dans le même sillage, le BDP mettra en place une caravane citoyenne annuelle placée sous le slogan «Il n’y a pas que la politique, il y a aussi la nation». Cette initiative cherche à «établir des passerelles… avec les différentes forces citoyennes pour renforcer la démocratie et l’état de droit». Promettant des annonces sur l’orientation et les changements internes de son parti, Nkoulou a souligné que le BDP assume «sa posture dans le champ politique» en tant que «camp du courage et de la justice sociale».

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