Souveraineté nationale : Ce qu’ils disent au DNI

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Souveraineté nationale : Ce qu’ils disent au DNI
Souveraineté nationale : Ce qu’ils disent au DNI

Africa-Press – Gabon. Dans ce billet de «Ce qu’ils disent» au Dialogue national inclusif, GabonReview vous propose quelques extraits des propos des commissaires et ceux d’un membre du bureau, notamment sur la question de la souveraineté nationale qui cristallise les attentions avec des inquiétudes autour de la présence trop remarquée des étrangers dans le pays.

Jean Gaspard Ntoume Ayi: «Les contributions des Gabonais expriment d’abord une douleur»

«Les contributions des Gabonais, ce qu’on peut retenir et dans tous les secteurs, expriment d’abord une douleur. C’est d’abord un cri de douleur. La nationalité ou la citoyenneté surtout, c’est la communauté des destins. Et les Gabonais ont eu ou ont le sentiment que leurs frères étrangers prennent la nationalité pour profiter du pays et non pour être un des leurs. Au fond, est-ce que les étrangers qui prennent la nationalité gabonaise essaient de devenir des Gabonais ? De se sentir des Gabonais ? Je pense que les Gabonais dans leur immense majorité répondent non. Et si on prend le cas qui se pose avec la communauté Haoussa, on peut être très surpris de voir que les Gabonais disent qu’il faut annuler le décret attribuant la nationalité aux Haoussas. Ce décret présentait quelques problèmes de forme parce que la nationalité s’acquiert individuellement. Mais au-delà de cela, ça interroge. J’ai envie de dire à mes compatriotes Haoussas, interrogeons-nous ensemble. Pourquoi il y a ce problème ? Vous êtes présents depuis plus de deux siècles, mais on continue à vous regarder comme des étrangers. Pourquoi ? Je ne suis pas certain que le Dialogue apportera toutes les réponses. Mais le Dialogue dira au pays qu’il y a ces questions que nous devons régler».

Elza-Ritchuelle Boukandou: «Les personnes qui ont acquis la nationalité ont fait du mal aux Gabonais»

«Lorsqu’on lit les contributions des Gabonais, c’est la douleur qui ressort de là. Lorsqu’on évoque la nationalité, les Gabonais se braquent parce qu’il y a un problème. Les personnes qui ont acquis la nationalité ont fait du mal aux Gabonais. La sous-commission Souveraineté nationale si les débats étaient retransmis, on traiterait certains Gabonais de xénophobes. Non ! Mais c’est juste la traduction d’une douleur et il ne faut pas reprocher à ceux qui ont dit ces choses de les avoir dites».

Lydie Stéphanie Mamiaka: «Il y a un traumatisme»

«En regardant les contributions des Gabonais, il s’agit de sécuriser, de préserver notre souveraineté nationale et c’est vraiment un ressenti. Il y a un traumatisme. Et je vous assure que durant ces discussions on entend les cris. Il y a une véritable souffrance. Ces réactions des Gabonais ne sont pas des réactions farfelues. Elles découlent d’un profond traumatisme qui s’est accentué durant les dernières années. Aujourd’hui les Gabonais nous demandent: sécurisez-nous, sécurisez nos postes surtout la haute responsabilité. En prenant le problème on se dit ça ne concerne que les postes à haute responsabilité. Mais finalement, quand on étudie la question et qu’on regarde bien on se rend compte qu’il faut nuancer. La question de la nationalité a été très sérieusement abordée, très décortiquée, difficile à traiter d’ailleurs parce que beaucoup parmi nous ont des enfants qui sont binationaux. C’est un accouchement qui n’est pas sans douleur».

Colonel Paul-Aimé Vincent Mossie: «Ce qui pose plus problème en ce moment, c’est l’immigration clandestine que l’on retrouve un peu partout»

«Comment faire à travers les contributions, pour freiner l’immigration ? Aucun pays au monde ne peut enrayer l’immigration totalement. En matière d’immigration, il faut retenir qu’il y a une immigration légale et une immigration clandestine. Ce qui pose plus problème en ce moment, c’est l’immigration clandestine que l’on retrouve un peu partout. Et ces gens au niveau de nos frontières, peut-être même pendant que nous sommes en train de débattre ici, ils sont en train de rentrer quelque part. Donc, dire aujourd’hui que nous pouvons imaginer combien il y a d’immigrés qui ne sont pas recensés sur le territoire sera difficile. Mais on peut plutôt, avec les services d’immigration de la DGDI, travailler à mettre en place un processus de régularisation au cas par cas. Et à l’intérieur, on pourra déceler ceux qui ne peuvent pas continuer à rester et organiser leur rapatriement».

Propos recueillis par Alix-Ida Mussavu Kombila

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