Africa-Press – Gabon. À Port-Gentil, le handball ne se joue pas uniquement pour le score. À l’orée de la reprise du championnat provincial, un mini-tournoi organisé par la Ligue de l’Ogooué-Maritime a remis des dizaines d’adolescents au cœur d’un cadre structurant, loin de l’oisiveté et des dérives sociales. Entre manque d’encadrement technique, contraintes administratives et urgence sociale, ce rendez-vous sportif révèle surtout combien le sport demeure un rempart essentiel pour une jeunesse en quête de repères.
À Port-Gentil, le claquement sec du ballon sur le parquet ne relève pas du simple rituel sportif. Il agit comme un rempart. Un rempart contre l’oisiveté, la tentation de la drogue et la dérive du décrochage scolaire qui menace une partie de la jeunesse urbaine. À l’approche de la reprise du championnat provincial de handball, la Ligue de l’Ogooué-Maritime a ainsi organisé, le samedi 24 janvier, un mini-tournoi à l’annexe du stade Pierre-Claver-Divoungui. Bien plus qu’une mise en jambes: un acte social assumé.
Sur le terrain, les adolescents engagés ne disputaient pas seulement des matchs. Ils retrouvaient un cadre, des règles, une discipline, parfois le seul repère stable de leur quotidien. Pour les dirigeants de la ligue, l’enjeu dépasse largement la performance sportive.
Un enjeu social bien au-delà de la compétition
«L’objectif est de permettre aux entraîneurs d’évaluer le niveau de leurs équipes par rapport à l’an dernier. Chez les cadets, Asma et Salinas dominent, mais nous faisons face à un problème d’encadrement technique. Aujourd’hui, nous avons davantage d’animateurs que de véritables formateurs», a reconnu Achille-Victor Batchi, deuxième vice-président de la Ligue, chargé des compétitions.
Ce déficit d’encadrement révèle une fragilité structurelle: sans formateurs qualifiés ni compétitions régulières, les jeunes se retrouvent livrés à eux-mêmes. D’où l’importance de la reprise du championnat provincial, prévue pour le 7 mars. «Il était nécessaire que cette compétition permette aux entraîneurs d’apprécier le niveau de préparation technique et tactique de leurs équipes. Nous observons la relation entre le joueur, le ballon et l’adversaire, ainsi que le répertoire technique individuel», précise le dirigeant sportif.
Le tournoi a réuni quatre équipes en catégorie minime mixte (Salinas, POG Handball et deux formations d’Asma) ainsi que trois équipes chez les cadets. Un format réduit, conséquence de contraintes financières et administratives persistantes. «Certaines équipes ne sont pas en règle vis-à-vis de la ligue», regrette Achille-Victor Batchi.
Pourtant, chaque rencontre disputée demeure une victoire symbolique. Dans une ville confrontée à la montée de la délinquance juvénile et des conduites à risque, le sport s’impose comme un puissant outil de prévention. Il structure, responsabilise et redonne une identité positive. Ce mini-tournoi l’a rappelé avec force: le sport n’est pas un luxe, mais un investissement social. Sans soutien durable, les efforts restent fragiles. Avec une politique sportive ambitieuse, ils peuvent devenir un véritable levier d’inclusion et d’espoir.





