Africa-Press – Gabon. Signé en fin décembre 2025, un accord de coopération entre le Comité de rugby du Lot-et-Garonne (France) et la Fédération gabonaise de rugby (Fegar) ouvre une nouvelle ère pour l’ovalie gabonaise. Entre dotations en équipements et projets de stages immersifs en Europe, ce partenariat vise à structurer une discipline en quête de visibilité et de moyens.
Le hasard fait parfois bien les choses pour le sport national. À l’origine de ce rapprochement, une rencontre fortuite entre Jean-Claude Tardieu, président du Comité de Rugby du Lot, et Elga Iriarte, gestionnaire de patrimoine franco-gabonaise. Deux ans de discussions plus tard, le projet se concrétise par une alliance sportive destinée à pallier les carences structurelles du rugby au Gabon.
Selon nos confrères de ladepeche.fr, le premier volet de cet accord s’est matérialisé durant la période des fêtes. Elga Iriarte a rallié Libreville avec une dotation matérielle conséquente offerte par le comité lotois: maillots, chasubles et ballons. Un souffle d’air pur pour une fédération souvent éclipsée par le football. «La Fédération de rugby manque de matériel parce qu’ils ont peu d’aides de l’État, qui sont davantage versées aux clubs de football», explique Elga Iriarte.
Former l’élite de demain
Au-delà du matériel, l’enjeu est humain. Le partenariat prévoit l’intégration de jeunes licenciés gabonais aux «Rugby Vacances», des stages d’été intensifs organisés dans le Sud-Ouest de la France. Pour Jean-Claude Tardieu, l’ambition est claire: «L’objectif, après, c’est d’accueillir des enfants dans les rugbys vacances. Notre but, c’est vraiment de développer ce sport là-bas.» Ces séjours offrent une opportunité de détection cruciale.
Pour les porteurs du projet, le Gabon regorge de talents qui, faute d’exposition internationale, stagnent localement. «Certains jeunes ont du talent mais, faute de moyens, ils ne sont pas visibles», souligne Mme Iriarte.
Plus qu’une simple entente technique, ce partenariat s’appuie sur des valeurs de solidarité. Engagée socialement auprès d’enfants en situation de précarité, Elga Iriarte voit dans l’ovalie un outil éducatif majeur: «Le dépassement de soi, véhiculé par le rugby, me donne envie. C’est quelque chose que j’aimerais que les enfants apprennent.»
Si les premiers essais sont prévus pour l’été 2026, cette connexion entre Libreville et le Lot pourrait bien transformer l’essai et offrir au rugby gabonais les infrastructures et la reconnaissance qui lui font tant défaut.





