Administration maritime : qui a délivré les autorisations de naviguer ?

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Administration maritime : qui a délivré les autorisations de naviguer ?
Administration maritime : qui a délivré les autorisations de naviguer ?

Africa-Press – Gabon. Au titre des premières mesures transitoires prises par le gouvernement, il aurait fallu, parce qu’il y a mort d’hommes, suspendre de leurs fonctions les différents responsables de la chaîne de décision. Les dispositions de l’Organisation maritime internationale (OMI) sont claires en ce qui concerne la protection de la vie humaine. Quand il y a défaillance, il y a sanction !

Avant tout démarrage de navire sur le territoire maritime national, quel qu’en soit le lieu, de rigueur, une visite de partance doit être effectuée. Or, selon certains administrateurs des affaires maritimes, «les collègues se contentent de faire l’examen du manifeste». Une erreur grave conduisant manifestement à des situations désastreuses, comme celle que le Gabon vit depuis cette «horrible nuit» du mercredi 8 mars.

Laxisme

Trop de légèreté, trop de laxisme, trop de manquements, trop de négligence ! Selon un administrateur des affaires maritimes, aujourd’hui à la retraite, «la chaîne de décision dans son entièreté, à savoir le directeur général de la Marine marchande, le directeur général adjoint, les directeurs intervenant directement dans la prise de décision, les délégués provinciaux Estuaire et Ogooué-Maritime, devraient être sanctionnés par une suspension de leurs fonctions jusqu’à l’aboutissement de l’enquête qui devrait faire connaître leur niveau de responsabilité. Soit, ils sont inculpés et traduits devant la justice. Soit, justice leur est faite comme non-responsables. De même, la direction générale de la compagnie Royal Coast, exploitante du bateau, devrait être inculpée», affirme l’administrateur des affaires maritimes plus haut cité.

A défaut d’une démission du ministre des Transports, le directeur général de la Marine marchande devrait être suspendu de ses fonctions. «Les mesures transitoires annoncées par le ministre Brice Paillat (Transports), notamment la suspension jusqu’à fin-mars de toute navigation de nuit, et l’audit de toutes les unités navales de transport, ne paraissent pas suffisantes, ni contraignantes», estime un ancien administrateur de la Capitainerie du Port-Môle de Libreville. L’Organisation maritime internationale (OMI), selon celui-ci, a toujours mis l’accent sur la protection des vies humaines en mer. «Disons-le tout net : la chaîne de décision de l’autorité maritime a péché !», assène un officier de Marine.

Le bilan provisoire de ce naufrage est, pour le moment, de trois morts, 25 disparus et, heureusement, 123 rescapés. Le bateau ayant coulé «entre Ekwata et Nyonié» devait être déclassé et ne plus être exploité sauf réfection technique de fond en comble. De pannes récurrentes y étaient enregistrées depuis plusieurs mois. Question : comment ce bateau, l’Esther Miracle, à l’inexploitabilité avérée, a-t-il pu recevoir un certificat de navigabilité ?

Naufrage Gabon Express : des morts par dizaines, aucune sanction !

Au-delà de la vétusté du navire, de son chargement, des erreurs humaines, il y a la détresse des familles dont il faudrait tenir compte dans cette affaire qui n’est pas loin de rappeler le crash, 8 juin 2004 dans les eaux du Komo au nord de Libreville, de l’avion de la compagnie aérienne Gabon Express, avec son lot de familles endeuillées. L’affaire, toujours pas soldée est marquée par une absence de sanction. Les familles des victimes de ce naufrage n’ont pas fait le deuil de cet accident.

La main du gouvernement ne devrait donc pas trembler : la nécessité de sanctionner les responsables de la chaîne de décision de l’autorité maritime est absolue.

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