CGSL Demande Un Conseil National Du Dialogue Social

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CGSL Demande Un Conseil National Du Dialogue Social
CGSL Demande Un Conseil National Du Dialogue Social

Africa-Press – Gabon. Face à «l’extension d’un malaise social profond touchant désormais tous les secteurs d’activité», la Confédération gabonaise des syndicats libres (CGSL) a renouvelé, ce mardi 27 janvier 2026, son appel à la création d’un Conseil national du dialogue social. Le secrétaire général Jean Claude Bekale propose l’instauration de cet organe tripartite permanent réunissant gouvernement, employeurs et travailleurs, présenté comme l’unique rempart contre la multiplication des conflits sociaux. L’enjeu dépasse la simple régulation des tensions: il s’agit de refonder les bases d’une concertation durable dans un pays où le climat social se dégrade dangereusement.

Le diagnostic posé par la CGSL est sans détour. Dans un contexte marqué par l’arrestation récente de deux syndicalistes Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, depuis libérés et par une «tension palpable et croissante» qui «se propage comme une traînée de poudre», la centrale syndicale juge le moment propice pour institutionnaliser le dialogue social. «C’est l’occasion de rappeler que la CGSL plaide, depuis plusieurs années, pour la création d’un Conseil national du dialogue social», a déclaré Jean Claude Bekale, soulignant que ce projet n’est pas une réaction conjoncturelle, mais une revendication structurelle portée de longue date.

L’incident impliquant les deux syndicalistes, qualifié de «regrettable à l’égard des partenaires sociaux», a révélé les limites du système actuel de gestion des tensions. La CGSL exprime «l’espoir sincère que cet incident soit le dernier, afin que prévale désormais un climat apaisé et constructif pour l’ensemble du monde du travail». C’est précisément pour éviter que de telles situations ne se reproduisent que la confédération plaide pour un cadre institutionnel permanent.

Un organe tripartite aux missions stratégiques

Le Conseil national du dialogue social proposé par la CGSL se distingue par son architecture tripartite et ses missions clairement définies. «Cet organe, qui devrait réunir le gouvernement, les employeurs et les travailleurs, constituerait un cadre permanent de concertation, capable de renforcer durablement la cohésion sociale et la stabilité du climat professionnel», précise le secrétaire général de la CGSL.

Quatre missions essentielles lui seraient confiées. Premièrement, «prévenir efficacement les conflits sociaux, en favorisant l’anticipation des tensions et la recherche de solutions consensuelles». Cette dimension préventive constitue le cœur du dispositif: agir en amont plutôt que de gérer les crises dans l’urgence.

Deuxièmement, «évaluer de manière continue l’efficacité de la réglementation sociale en vigueur et proposer, lorsque nécessaire, des ajustements pertinents». Cette fonction de veille permettrait d’adapter le cadre juridique aux évolutions du monde du travail.

Troisièmement, «faire remonter les préoccupations réelles et légitimes des travailleurs, en garantissant qu’elles soient analysées et traitées dans un cadre institutionnel crédible». Il s’agit ici de créer un canal de communication direct et fiable entre la base sociale et les décideurs.

Enfin, «soumettre aux autorités des propositions d’amélioration du cadre législatif et réglementaire, dans une logique de modernisation, de cohésion et d’efficacité accrues». Le Conseil ne serait donc pas une simple instance consultative, mais un acteur proactif de la politique sociale.

Un levier pour un dialogue social mature

Pour la CGSL, les bénéfices d’un tel dispositif dépassent la seule résolution des conflits. «Un tel mécanisme constituerait un levier essentiel pour promouvoir un dialogue social mature, responsable et constructif, au bénéfice de toutes les parties prenantes», estime Jean Claude Bekale. L’ambition est de transformer la culture du rapport de force en culture du compromis négocié.

La proposition intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par la grève des enseignants, les tensions autour de la réforme de la CNSS et une inflation dépassant 12% en 2025. Ces crises successives illustrent, selon la CGSL, l’urgence de disposer d’un espace institutionnalisé de dialogue permanent.

La confédération observe que « la gouvernance publique » est «de plus en plus décalée des aspirations légitimes des travailleuses et des travailleurs», situation qui nourrit «l’exaspération générale». Face à ce constat, le Conseil National du Dialogue Social apparaît comme l’outil permettant de réduire cet écart et de restaurer la confiance entre les partenaires sociaux.

Reste à savoir si les autorités saisiront cette proposition, présentée non comme une revendication corporatiste, mais comme une nécessité nationale. Dans un pays où les crises sociales se multiplient et où les canaux de dialogue peinent à remplir leur office, l’institutionnalisation du dialogue tripartite pourrait constituer une réponse structurelle durable. À condition que toutes les parties acceptent de s’asseoir durablement à la même table.

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