Conflit Homme-Éléphant: Accélération des Clôtures Électriques

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Conflit Homme-Éléphant: Accélération des Clôtures Électriques
Conflit Homme-Éléphant: Accélération des Clôtures Électriques

Africa-Press – Gabon. Le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, a présidé ce 2ème Comité de pilotage du projet de coexistence pacifique entre l’homme et l’éléphant. Avec un taux de réalisation de 114 % pour sa première phase, le programme s’apprête à lancer une seconde étape encore plus ambitieuse pour répondre à l’explosion de la demande en milieu rural.

Au Gabon, la question de la sécurité alimentaire en zone rurale est intrinsèquement liée à la gestion de la faune sauvage. Lors du deuxième Comité de Pilotage (Copil) dédié au projet de «Coexistence Pacifique», le gouvernement a dressé un bilan plus que satisfaisant des opérations menées sur le terrain. Lancé le 24 mars 2025 avec l’appui financier de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), ce programme semble avoir trouvé la parade technique pour apaiser les tensions chroniques entre les agriculteurs et les pachydermes.

Les chiffres présentés par les partenaires techniques, notamment la Wildlife Conservation Society (WCS) et Space for Giants (SfG), témoignent d’une accélération inédite. Alors que les prévisions annuelles tablaient sur un nombre plus restreint, ce sont finalement 1 028 clôtures électriques mobiles qui ont été installées à travers les neuf provinces du pays, soit une performance de 114 % par rapport aux objectifs initiaux.

À ce jour, ce dispositif a permis de sécuriser les plantations de plus de 13 000 foyers, redonnant un souffle à l’agriculture vivrière locale, souvent dévastée par les incursions répétées des éléphants.

Face au succès, l’urgence de la Phase 2

Cependant, ce succès crée une nouvelle pression: celle de l’attente. Victime de son efficacité, le programme fait face à un afflux de demandes. Selon les données du Copil, plus de 2 600 dossiers sont actuellement en souffrance dans les directions provinciales.

Pour y répondre, le ministre, Maurice Ntossui Allogo, a instruit ses équipes et les partenaires de préparer sans délai une « Phase 2 ». Celle-ci prévoit le déploiement de 2 000 nouvelles clôtures. Pour optimiser la réactivité de l’État, le dispositif sera décentralisé avec l’ouverture de trois bases provinciales supplémentaires dans le Moyen-Ogooué, l’Ogooué-Lolo et le Woleu-Ntem.

Pour Zita Kass Wilks, représentante de CAFI au Gabon, le financement de 10 millions de dollars (environ 6 milliards de FCFA) injecté dans ce projet répond à une vision globale: «La protection de nos forêts passe avant tout par la sécurité alimentaire et le soutien aux populations rurales».

Au-delà de la simple pose de matériel, l’accent sera mis dans les prochains mois sur la formation des bénéficiaires et la maintenance des équipements. L’objectif est clair: transformer ces outils technologiques en solutions pérennes pour que la conservation de la biodiversité ne soit plus vécue comme un fardeau, mais comme une opportunité de développement harmonieux.

Reste désormais à transformer l’essai sur le long terme, alors que le projet, prévu sur deux ans, entre dans sa phase de pleine maturité.

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